Retourner à la liste

Article très intéressant à propos de la comparaison de biomécanique de course entre différentes chaussures. Une méthodologie sans faille a été utilisée, incluant une période de familiarisation d'une semaine pour les 4 conditions (pieds nus, Nike Free 3.0, Nike Luna Racer 2, chaussures habituelles). Des coureurs expérimentés couraient sur une section de 110m d'une piste intérieure, sur laquelle une section de 20m était scrutée par un système d'analyse cinématique VICON. Des données intéressantes sur l'angle pied-sol au contact sont fournies afin de quantifier le degré d'attaque du talon. La course pieds nus différait de toutes les conditions de chaussures en terme d'angle pied-sol, en plus d'induire une quantité de travail diminuée au genou et augmentée à la cheville. Les auteurs concluent que la course pieds nus pourrait avoir une utilité thérapeutique et de performance pour les coureurs expérimentés. Voir le tableau 2 pour les données les plus intéressantes.

Opinion: Nous trouvons que cette étude est excellente, car elle montre que peu importe le type de souliers qui est porté, il est impossible de répliquer la biomécanique pieds nus. Comparativement aux conditions de chaussures (même minimaliste), la biomécanique pieds nus a montré moins d'attaque du talon, moins de flexion du genou lors de la phase d'appui ainsi que des moments articulaires moindres au genou et supérieurs à la cheville. Cependant, la définition de minimaliste est extrêmement large. Les Vibram Five Fingers (TRC rating de 90%) sont bien différent des Nike Free et Luna Racer (TRC rating de 66%) utilisés dans cette étude sont vraiment différents, et ce malgré le fait qu'ils soient tous publicisés comme minimalistes.

Assurément, l'effet neurophysiologique de la sensation de la peau sur la face plantaire du pied induit les changements les plus importants dans les comportements de modération d'impact, mais nous sommes convaincus que d'avoir utilisé ces même chaussures chez des coureurs récréatifs aurait produit des résultats différents. Les sujets utilisés dans cette cohorte étaient 14 hommes et 8 femmes ayant un temps moyen de 33 min et 40 sec sur le 10km et une distance de course hebdomadaire de 105,3km. Nous pourrions émettre l'hypothèse que ces coureurs ont développé une biomécanique individuelle optimale et une "running economy" à travers des heures de pratique, donc que les changements de chaussures ne produiraient pas des changements biomécaniques importants. Par exemple, la cadence était déjà à 181 pas par minute. Cette cadence non imposée a tout de même augmenté jusqu'à 187 au fur et à mesure que l’interface (chaussures) diminuait. Un autre exemple est l'angle moyen à la cheville qui a tout de même changé d'une attaque talon légère à une attaque mi-pied (5.31, 4.25, 4.52 et 0.78 degrés pour les chaussures habituelles, minimalistes, racer et pieds nus, respectivement) plus ils se dirigeaient vers le pieds nus.

Les coureurs récréatifs frappant le sol avec un angle de plus de 15 degrés (ce qui est plus que fréquent) ont plus de potentiel de modifier leur biomécanique lorsqu'ils se rapprochent du pieds nus. Le but de cette étude était plutôt d'évaluer ces interventions chez des coureurs expérimentés, ce qui a été effectué avec succès.

Les prochaines études devraient répliquer cette méthodologie chez des coureurs récréatifs.