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Réalise juste ça

Il y a 3 mois, j’ai réalisé un rêve de coureuse : prendre le départ de la Transvulcania. Je m’y étais inscrite en 2017, mais faute de temps et ayant déjà d’autres projets, je l'ai reporté à 2018.

 

 

 

J’ai réalisé mon rêve de coureuse : j’ai terminé cette course de calibre international.

 

J’ai pris le départ avec un dos qui n’était pas au top de sa forme. J’ai pris le départ quand même. J’ai continué avec un dos qui n’aimait pas trop cela. Mes muscles trapèzes ont un peu grincé des dents, moi aussi. J’ai choisi de tenter de les ignorer. Parce que je savais que si j’arrêtais avant la fin ou bien à la fin, dans les deux cas, la douleur ne s’arrêterait pas de toute manière.

 

 

J’ai fini. J’ai réalisé mon rêve.

 

Et le lendemain, le surlendemain et 3 mois plus tard, je réalise que je n’ai qu’un corps.

 

Tu le savais déjà ? Oui, moi aussi je le savais avant. Mais tu ne le réalises, en fait, peut être pas vraiment.

Il y a la blessure qui t’empêche parfois de courir, ou bien qui ne rend pas la course très agréable. Mais le reste des sphères de ta vie fonctionne quand même. Il y a aussi LA blessure qui rend ton quotidien plus compliqué. C’est celle-là qui te fait réaliser que tu n’as qu’un corps : un corps pour toutes les sphères de ta vie. Ce corps-là ne prend finalement pas de pause quand tu l’utilises pour autre chose que courir.

 

Ainsi, j’ai aussi réalisé combien mon travail était physique au quotidien. Je l’ai réalisé parce qu’avec ma blessure, les choses qui me semblaient anodines sont devenues nettement plus difficiles à faire. J’ai même réalisé, avec l’aide de ma physiothérapeute Guylaine (A+Physio) et de mon ostéopathe Marie (A+ Physio), que la blessure avait pour origine mon travail et non la course. Le fait est que mon travail et la course sont deux éléments très importants.

 

 

Alors, on fait quoi ?

 

Tout ce prélude, en fait, pour te dire une seule chose : réalise que le corps que tu as, et que tu pousses un peu dans ses retranchements en courant, est ton allier. Tu dois l’écouter et en prendre soin.

Cet allier, ce n’est pas le corps de l’autre avec lequel tu t’entraînes parfois ou bien celui de ton coach, ou bien des personnes qui t’inspirent. Ton corps est le tien et tout lui est propre. Le kilométrage de 120 km par semaine que fait ton ami est probablement adapté/constructif pour lui, mais que tu ne le fasses pas parce que ton corps ne le supporte pas ne fera pas forcément de toi un coureur moins performant. Tu prends simplement une recette différente pour arriver à un dessert tout aussi bon. Ton corps de coureur en sentier aime malgré tout les entraînements plats sur la piste, c’est efficace selon toi. Ne t’en prive pas, écoute-toi, écoute-le.

 

Les conseils des gens autour de toi, les athlètes, les professionnels du sport et de la santé du sport peuvent inspirer ta façon d’aborder et de préparer tes objectifs/projets, mais ne te sens pas mal de réaliser que certaines méthodes ne sont pas adaptées à ton corps. Les professionnels de la santé des sportifs savent adapter des traitements et des recommandations à chaque coureur (alors qu’il peut s’agir d’une même blessure), et finalement, il en est de même pour un plan d’entraînement différent d’un coureur à l’autre et visant un même objectif de course.

 

Un corps, c’est de la mécanique dont les rouages sont de la biologie. Ajoute de la somatique (non contrôlable). Il y a un peu de mathématiques, mais pas autant qu’on le voudrait pour rendre les choses plus prévisibles peut-être. Tu travailles avec un allier biologique qui, oui, va logiquement progresser avec tes séances d’intervalles, mais qui ne réagira peut-être plus logiquement le jour où tu le placeras en surentraînement. Pire que cela, il va régresser.

J’aimerais aussi plus de mathématiques dans mon travail. Je sauverais peut-être plus d’animaux, ou bien pourrais être plus claire sur le pronostic de leur condition. Mais non, la biologie n’est pas comme cela.

 

Donc toi, du peu que tu parviens à comprendre de la biologie de ton corps, de ce qu’il te montre comme signaux, respecte cela, réalise qu’il est l’unique outil de ton loisir mais aussi du reste de ta vie. Peu importe si tes entraînements ne sont pas ceux des athlètes ou ceux des livres, tant que ton corps et toi souriez.

Blogueuse invitée : Hélène Michaux

Équipe Élite La Clinique Du Coureur, Coureuse équipe Columbia Montrail