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Un équipementier précurseur de bonnes pratiques ? (2 de 2)

Pour lire la 1ère partie, cliquer ici

 

La semaine dernière, je vous ai parlé de ma rencontre aux quartiers de Décathlon à Lille en France, une compagnie de matériel de sport distribué dans 28 pays. Une journée d’échanges et d’enseignement faite en présence de toute l’équipe responsable de la marque Kalenji et de leur gamme de chaussures de course à pied. Nous avons parlé des meilleures pratiques, en ce qui a trait notamment à la conception des chaussures de course. Des conseils parfois bouleversants, mais qui ont laissé place à de riches échanges qui changeront peut-être, je dis bien peut-être, les pratiques de ce géant de l’industrie du sport.

(Note : Je n’ai reçu aucune rémunération pour cet échange et j’ai payé mes dépenses.)

 

 

 

Mes recommandations ont surtout porté sur les meilleures pratiques à adopter dans la conception de chaussures de course. Une conception orientée vers la fonction et la réduction du risque de blessures.

 

Nos conseils sont pertinents pour tous les marques et détaillants spécialisés, à vous d’en prendre note !

 

 

1. Éduquez vos équipes

 

Qu’ils soient conseillers, vendeurs ou entraineurs, sensibilisez-les aux meilleures pratiques et aux sources d’informations exemptes de biais commerciaux. Ils sauront de quoi ils parlent et le conseil client aura une vraie «plus value». Une manière crédible et durable de se différencier.

 

  • Plus d’un millier de professionnels de la santé formés par La Clinique Du Coureur habitent en France et plusieurs autres milliers sont situés partout dans le monde. Cela fait un grand nombre de passionnés ouverts à former vos équipes! Contactez-les
  • La Clinique Du Coureur donne des cours partout dans le monde. Tous les détaillants et équipementiers sont invités gratuitement à la section «Chaussures» du cours « Nouveautés dans la prévention des blessures en course à pied ». Contactez-nous, on vous fera une place dans un cours près de chez vous
  • D’ici quelques semaines, un cours en ligne d’une durée de 10h, sur la chaussure de sport, sera disponible en E-Learning. Vous y trouverez une revue de littérature complète et une analyse sans faille sur tout ce qui concerne la chaussure de course, ses effets sur la biomécanique, son rôle dans la prévention des blessures et la performance, la prescription et bien d’autres outils!

 

 

2. Se permettre de changer le discours

 

Les grandes marques continuent de véhiculer des concepts invalidés par la science dans le seul but de vendre. Les exemples sont nombreux : l’amorti pour protéger le corps des chocs, des technologies de contrôle du mouvement pour réduire la pronation comme cause de nos problèmes, des prix élevés qui devraient traduire la qualité de la chaussure, etc. Changez les choses !

 

  • Arrêtez de parler et de promouvoir toutes ces bêtises dans les publicités et basez votre discours sur des pratiques fondées sur la science!
  • Continuez, comme vous le faites déjà, (Kalenji/décathlon est d’ailleurs l’une des seules compagnies à le faire) à subventionner des études scientifiques de groupes de recherche indépendants et non biaisés.
  • Utilisez l’indice minimaliste pour quantifier et catégoriser vos chaussures de course. Une mesure simple et validée, qui est née du consensus de 42 experts internationaux.

 

 

3. Conception de chaussures

 

La grande majorité des chaussures disponibles sur le marché ont un indice minimaliste de 10 à 30%  (pour être clair, on parle ici des chaussures traditionnelles classiquement vendues : Asics Nimbus, Brooks Adrénaline, Mizuno Wave Rider, Kalenji Kiprun LD, etc.).

 

  • Offrez une gamme plus variée de types de chaussures. Je ne fais pas référence ici aux caractéristiques trail versus route, et encore moins au pronateur versus supinateur, mais bien à des gammes présentant différents indices minimalistes. Un vide existe actuellement dans la gamme 50 à 80% d’IM, un type de chaussures qui devrait être prescrit systématiquement aux débutants!
  • Continuez de produire des chaussures d’indice minimaliste bas pour les habitués, mais sans le superflu marketing qui l’accompagne!  

 

 

4. Les enfants

 

S’il y a une question claire pour tous les scientifiques, c’est bien celle des enfants et du port obligé de chaussures minimalistes. Pour eux, il n’est pas nécessaire d’adopter des temps de transition, même s’ils ont d’abord été mal chaussés. Les parents sont à ce sujet très mal renseignés et bernés par un marketing sans conscience. Vendez-leur directement des chaussures minimalistes durables… et attrayantes!

 

  • Démarrez une campagne d’éducation sur le sujet destinée aux parents. Vous vous différencierez des autres compagnies et prendrez une part de marché vacante et énorme. Des milliers de professionnels de la santé n’attendent que cela pour vous envoyer des parents!
  • Ne produisez que des chaussures minimalistes avec IM>80% pour les enfants de moins de 10 ans et des chaussures minimalistes avec IM >60% pour les enfants de 10 à 14 ans.

 

 

Conclusion

 

J’ai été enchanté par ma rencontre avec Kalenji/Décathlon, par leur ouverture et leur désir de bien faire. La question se pose toutefois : malgré de bonnes intentions et de riches discussions, est-ce que l’action suivra? Vont-ils changer graduellement leurs pratiques? Vont-ils éduquer les coureurs aux meilleures pratiques? Vont-ils produire des chaussures uniquement minimalistes pour les enfants ?

 

L’avenir nous le dira!

 

La Clinique Du Coureur est ouverte à échanger et renseigner sur les meilleures pratiques basées sur la science avec n’importe quels équipementiers et détaillants de chaussures. Contactez-nous au info@lacliniqueducoureur.com

Blaise Dubois