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Thomas Lorblanchet, nouvel enseignant à La Clinique Du Coureur

Thomas Lorblanchet a officialisé, début janvier, l’arrêt de la pratique du trail à haut niveau. En intégrant l’antenne française de La Clinique Du Coureur (LCDC), le quadruple vainqueur des Templiers, champion du monde en 2009 et figure du trail français se lance, à 38 ans, dans un nouveau challenge très « stimulant ». Impressions.

 

 

 

Tu as donc décidé, cette année, de tourner la page du trail à haut niveau.

 

Oui. À partir de 2011, j’ai eu du mal à concevoir ma pratique, notamment sur les courses à l’étranger, sans y emmener ma femme et mes deux filles. Ça a restreint le calendrier, mais j’ai voulu cette orientation-là : tu vis les courses différemment, en termes d’émotion, d’investissement personnel et familial.

J’aurais pu continuer dans cette voie, mais j’ai préféré privilégier mon orientation professionnelle future et ma vie de famille actuelle. Choisir, c’est renoncer, ou préférer…

J’ai aujourd’hui une pratique « récréative » : je fais quatre sorties par semaine, entre une heure et trois heures, et je n’ai pas l’impression de renier quelque chose sur une partie de ma vie.

 

 

Un chapitre se ferme, un autre est déjà entamé. Raconte-nous la genèse de ta collaboration avec La Clinique Du Coureur. 

 

J’ai rencontré Blaise Dubois à l’UTMB en 2015. On s’est ensuite revus et il m’a proposé de venir peaufiner ma formation au Canada. C’était en juillet 2017. J’ai vraiment vu ma pratique professionnelle différemment avant et après avoir côtoyé les enseignants de La Clinique Du Coureur.

Blaise est très inspirant. C’est quelqu’un d’hyper moteur, qui tire tout le monde vers le haut. Ça a bien matché entre nous. Il m’a demandé ce que je faisais après le trail ; cela coïncidait à une période où le trail intensif était un peu moins essentiel dans ma vie.

Pour avoir une entière liberté de ton, il fallait juste que je me libère du biais commercial relatif aux athlètes de haut niveau, car on est souvent lié à une marque de chaussure. Ce que j’ai fait.

 

 

Quel va être ton rôle ?

 

Je fais partie des enseignants de la structure en France, et j’interviens à ce jour sur une dizaine de conférences et formations. Le but est de diffuser largement le message de La Clinique Du Coureur : les bonnes pratiques actuelles sur la prévention des blessures en course à pied, les bienfaits de l’activité physique. Je suis entre guillemets la caution sportive des enseignants. Je suis le seul à avoir fait du haut niveau en trail, et j’ai un discours complètement ancré dans la pratique actuelle. Avoir un retour terrain est toujours super intéressant.

 

 

Qu’est-ce que La Clinique Du Coureur t’a apporté ?

 

Je suis kiné depuis 2002. La Clinique Du Coureur m’a beaucoup ouvert à la vision scientifique de la kinésithérapie : je me suis rendu compte qu’il y avait des gens qui écrivaient, publiaient, réfléchissaient sur les bonnes pratiques. Cela a clairement modifié ma pratique au cabinet (à Clermont-Ferrand), et plus largement dans ma vie de tous les jours.

Professionnellement, je n’ai jamais autant bossé et je ne me suis jamais autant remis en question depuis que je suis dans l’équipe de LCDC.  

L’arrêt du sport de haut niveau est parfois assimilé à une petite mort. Mais il y a tellement à faire ensuite : ce nouveau projet est hyper motivant et enrichissant.

Mélanie Fournier