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La G2G (2 de 2)

Les 2 premières étapes (49km et 42km) sont très roulantes, mais les lignes droites interminables mettent déjà le mental à l’épreuve ! Quand nous coupons dans le bush, il faut alors faire attention aux cactus dont les aiguilles seront à l’origine d’infections pour certains. La tête de course est déjà intouchable mais je me retrouve, un peu surprise, en 3e place chez les femmes et dans le top 15 au scratch.

 

 

Le 27, c’est l’étape longue : 84km, un peu de dénivelé, du sable mou, et des Dunes. Même si je sais qu’en principe, je m’en sors bien, elle m’inquiète un peu car je pars avec les 25 premiers de la course, soit 2 heures après tous les autres.

Cette obligation va se transformer en une chance magnifique, car je vais remonter un à un les plus lents et sûrement pas les moins courageux. Elaine, Vins’ et Colette font preuve d’une détermination et d’une abnégation qui force le respect et rend humble, comme dira Lisa. Lisa, à l’arrière du peloton, envisage d’écrire sur cette expérience de course.

Finalement, je vais boucler cette étape en un peu plus de 15 heures et elle va me permettre de ne plus stresser quant au fait de garder ma 3ème place (sous réserve de ne pas avoir de coup du sort)

 

Le 28, des concurrents continuent à arriver un à un, ayant -ou pas- dormi au CP6. Pour ceux arrivés plus tôt, c’est jour de repos, de lessive, de soins des pieds… et de discussions autour du coca et le la crème glacée généreusement offerts par l’organisation.

Des cowboys nous enseignent le maniement du lasso et un couple de musiciens animent la soirée au coin du feu. Le décor est éblouissant : nous faisons face au parc de Zion, le coucher de soleil laisse sans voix, alors que Jossie Benson (chanteuse et actrice à Londres, ma roomate à l’hôtel d’avant et d’après course) remplit mes yeux de chaudes larmes d’émotion et de bonheur  en improvisant un hymne à la liberté et à la féminité.

J’aurais tant voulu avoir ma famille autour de moi pour partager ces instants comme suspendus dans le temps.

 

 

Les deux derniers marathons seront éprouvants car la météo ne sera pas de notre côté.

Un énorme orage  5 km avant l’arrivée de l’étape 5 nous force, avec Claire (4e femme au Canada), à se cacher sous les buissons. La grêle fait mal quand elle nous heurte ! J’arrive au camp trempée, mon sac dégoulinant… je n’avais pas su que des ponchos étaient disponibles ce matin-là). Je suis hyper inquiète concernant la nuit à venir. Mon sac de couchage est trempé, on est à plus de 1600 m d’altitude, il fait froid et la tente s’est transformée en piscine.

Heureusement, Peter me console, il me fait une cup of tea et gère le drainage de la tente. Bienvenu dans le désert de l’Utah ! Deux heures plus tard, il fait beau de nouveau et on met le tout à sécher. Le feu aidera ; je relativise et me reprends en voyant les autres coureurs arriver un à un et ayant passé beaucoup plus de temps que moi sous l’eau.

Sylvie me dira que nous avons au moins bénéficié d’une bonne douche ! Toujours positive et souriante.

 

 

Le dernier marathon nous fera traverser le «Slot canyon». Toutes mes pensées seront avec Antoine, les enfants et nos souvenirs du canyoning en Espagne. Cette étape est simplement magnifique. Si on oublie les interminables 15 km de route/chemin à la fin. Cette fois, j’arrive avant l’orage et j’aurai à cœur d’aider les moins chanceux à faire sécher leurs affaires, une fois le soleil revenu et le feu de camp allumé.

 

 

Samedi 1er, c’est déjà la dernière étape : le départ est divisé en trois groupes en fonction du classement. Les 12 premiers partiront 2 heures après. Ainsi, nous arriverons tous à peu près en même temps en haut du Pink Clift du Grand Stair Case. Boissons, pizzas et familles pour certains sont sur la ligne. Le point final est somptueux, je suis heureuse, je veux profiter de la vue et de chaque seconde.

 

 

Emilie a un peu plus de 3 minutes de retard sur le 2ème du classement général, je guette et compte les secondes qui séparent son arrivée de celle de Sébastien. Et Zut ! elle reste 3ème au général pour 26 secondes ! Après 270km ! Chapeau bas.

 

Retour à l’hôtel, douche… enfin ! et soirée de clôture. Jusqu’au bout, Tess et Collin ont assuré une organisation parfaite !

 

 

 

 

Merci à tous, bénévoles, coureurs, équipe médicale, chauffeurs, etc. Le retour à la réalité sera dur, même si je n’ai qu’une hâte : serrer ma famille dans mes bras !

L’ouverture de l’ordi et du téléphone me donnera le vertige tant le nombre d’encouragements et de félicitations reçus est déjà grand !

Les rencontres faites durant cette semaine vont sûrement me marquer à jamais.

On se quitte, mais je ne suis pas triste car je suis certaine que ce n’est qu’un «au revoir» !

Emilie, Liza, Susann, Vincent, Peter, Sylvie, Greg, Matt.

 

 

Florence Morisseau