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Courir les Amériques pieds nus

L'exploit du personnage Forrest Gump de courir à travers les États-Unis n'était peut-être pas si irréaliste que l'on ne le pensait. Imaginez une version «trajet allongé» et ce, sans les fameuses chaussures «Nike». Nous sommes récemment tombés sur un article relatant le projet très ambitieux d'un étudiant de l'Université Concordia de Montréal, Joseph Michael Liu Roqueni, qui planifie de quitter Montréal en mai et de se rendre à la pointe sud de l'Argentine... en courant!

 

Un parcours de rien de moins que 19 000 km! Mais le défi ne s'arrête pas là. Joseph projette de faire ce trajet pieds nus! Pourquoi? "Je m'y suis habitué et je désire sauver le poids et le prix des chaussures à transporter" Vous retrouverez une petite vidéo de Joseph dans ce petit document publié par Radio-Canada. Lee-Manuel de La Clinique Du Coureur est entré en contact avec l'aventurier en question et lui a posé quelques questions. Joseph était très heureux de notre intérêt pour son projet et nous a gentiment répondu.

 

  1. Courais-tu pieds nus étant plus jeune? En fait je n'y ai jamais pensé, mais maintenant que vous me le demandez, oui j'ai beaucoup couru pieds nus quand j'avais environ entre 7 et 12 ans, pas beaucoup par contre, probablement l'équivalent d'une joute de Soccer quelques fois par semaine donc ceci ferait environ 3 heures par semaine si on fait la moyenne.
  2. T'entraînes-tu présentement seulement pieds nus? Non, je fais de la course pieds nus et en chaussures minimalistes dépendamment de la façon dont mon corps se sent.
  3. Est-ce que la course pieds nus t'a mené à moins ou plus de blessures? Au tout début oui, j'ai été blessé et j'étais déçu par la théorie de la course pieds nus. Mais après quelques recherches et un peu de temps, j'ai réalisé que c'était mon corps qui s'adaptait à utiliser des muscles que je n'avais jamais utilisés en portant des chaussures. Un fois remis de ces blessures, ce qui a pris des mois, je n'ai plus eu aucune blessure autre que des ampoules et coupures dont j'ai souffert aussi pendant mon adaptation.
  4. As-tu fait quelque chose de spécial pour t'aider à t'adapter à la course pieds nus? Oui, processus graduel. En premier la pelouse, durant mes échauffements ou retours au calme (cooldown) dans mes entraînements, 15 à 20 minutes par jour. Par la suite, échauffements ET retours au calme. Ensuite le tapis roulant, même principe de 15-20 minutes et graduellement j'ai augmenté la durée. Ensuite la piste, puis l'asphalte, le béton et les routes de terre incluant les cailloux. Dans chaque changement de surface j'ai fait un pas en arrière en terme de durée d'entraînement. Par exemple: si je courais 40 minutes sur un tapis roulant, en changeant pour la piste d'entraînement je suis revenu à 10-15 minutes sur cette nouvelle surface. Aussi, chaque changement de surface m'a causé de vilaines ampoules mais seulement à la première occasion. Ensuite on développe le durillon assez rapidement et on peut courir sur à peu près n'importe quoi. Maintenant je cours aussi sur la neige. La neige dure n'est pas très agréable parce que ça peut devenir coupant mais la neige molle est magnifique! Je dois dire par contre que je ne fais plus d'entraînements compétitifs pour la course comme je le faisais avant pendant la saison de Cross Country donc ceci fait aussi partie des raison pour lesquelles je ne suis plus blessé, je ne peux donner tout le crédit à la course pieds nus. Je serai plus expérimenté à ce sujet quand je reviendrai d'Argentine hahaha. Je vous tiendrai au courant.    

 

Nos opinions et constatations : l'adaptation tissulaire est toujours une question de temps et elle est propre à chacun. En analysant le cheminement de Joseph, nous observons à nouveau que les limites de l'adaptation tissulaire sont plus que souvent sous-estimées. Dans l'affiche créée par La Clinique Du Coureur (image ci-bas), des temps de transition avaient été proposées pour ceux et celles qui voulaient se mettre au minimalisme... des temps très conservateurs et largement suffisants pour plus de 90% des coureurs. Nous souhaitons la meilleure des chances à Joseph dans sa grande odyssée. Vous pourrez suivre son cheminement et l'encourager financièrement via son site web... et ce dès son départ en mai, pour ce voyage qui, selon lui, prendra environ 2 ans. www.runningtotheendoftheworld.comwww.facebook.com/RuntotheEndoftheWorld