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#3 Débat : La chaussure de course prévient-elle les blessures?


Suite 3/6, débat sur la chaussure de course, Université de Lausanne en Suisse.

Pour les règles du jeu : voir le billet 1/6.

Panélistes contradicteurs : Boris Gojanovic, Eric Haefelin, Davide Malatesta, Grégoire Millet, Laurent Paonessa.

 

Question 3 de 6 : Chaussure de course à pied et prévention des blessures : Quelles sont les bases de nos recommandations?

 

Position de LCDC : Nos recommandations sont les suivantes (version simplifiée, version complexe). En gros du minimalisme pour les débutants et les enfantspas de changement d'habitude si tu es adapté à une chaussure, tu n'es pas blessé et tu ne désires pas améliorer tes performances.

 

Nos recommandations sont construites à partir:

 

  1. des évidences scientifiques actuellement disponibles
  2. d’une cohérence théorique quant aux effets cinétiques et cinématiques qu’ont différents types de chaussures, à la plausibilité biologique (adaptation tissulaire) et aux données probantes indirectes telles les publications sur les effets thérapeutiques de l’orthèse plantaire.
  3. d’informations exemptes de biais commerciaux

 

Les moments chauds

 

  • Laurent Paonessa (détaillant) relance un auditeur (Philippe) sur son expérience (transfert vers le minimalisme) en tant qu’athlète de haut niveau.
  • Philippe de l’audience répond : ça m’a pris 3-4 ans pour transférer au minimalisme.
  • Blaise plus tard ajoute : plus on a du volume en arrière de la cravate, plus c’est long. Les coureurs récréatifs ont beaucoup plus de facilité à transférer au minimalisme. Ça dépend aussi de la cote TRC (combien minimalistes sont les chaussures).
 
  • Eric Haefelin (représentant ASICS): La chaussure minimaliste ne représente que 4% de nos ventes… parce que le consommateur ne les achète pas
  • Blaise répond : le marketing guide ce que le consommateur veut, le détaillant est le principale conseiller. Plusieurs basent leurs recommandations sur des concepts erronés et sans fondements construits par les compagnies… Au final, c’est eux qui vendent la chaussure et qui vont vraiment changer les pratiques.
 
  • Laurent Paonessa : En Amérique, les cabinets de physio sont remplis de blessures depuis la mode du minimalisme (Citant le contenu d’un film à venir de son collègue cinéaste-réalisateur ET propriétaire de magasin de chaussure, Pierre Morath)
  • Blaise répond : J’ai hâte de voir le film et qui ils ont interrogé ( :) ça sent le biais par contre). Mais si tel est le cas : est-ce la faute du minimalisme ?… ou plutôt du maximalisme qui a fragilisé nos pieds durant tant d’années et qui nous rend maintenant moins tolérant à « moins » de chaussures.
 
  • Boris Gojanovic : … fais attention de nous exposer tes convictions comme des données probantes… on ne sait pas actuellement si le minimalisme est préférable ou non dans la prévention des blessures… il faut faire des hypothèses et laisser ses convictions de côté.
  • Réponse de Blaise : Y a t-il des données qui contredisent ce que j’ai exposé (comme hypothèses/croyances sur les recommandations) … qui sont tout de même basées sur les données probantes actuellement connues, directes ou indirectes…
  • Blaise relance Boris Gojanovic: tu es un clinicien, et quotidiennement tu as à répondre à des questions de tes patients du type « quelles chaussures dois-je me procurer » ? Quelles sont donc tes hypothèses sur lesquelles tu fais tes recommandations?
  • Boris Gojanovic : dans la pratique, je suis assez d’accord avec ce que tu recommandes…
 

Mon opinion (avec du recul)

 

Cette section du débat est ma partie préférée (malheureusement trop courte pour vraiment débattre des questions de fond). Plusieurs clichés classiques autour du risque associé au minimalisme sont exposés. Aussi, personne ne se mouille sur les recommandations qu’ils font (à leur clients, patients ou étudiants) sous l’excuse du manque d’évidence. Ma question : devrait-on laisser les compagnies et les détaillants construire les recommandations faites à la population (pratique actuelle qui fait qu’en Europe, 95% du marché est maximaliste - 85% en Amérique du Nord).

 

La semaine prochaine la question 4 de 6 :

«Chaussure de course à pied et performance : Quelles sont les bases de nos recommandations?»  

 

 

 

                 

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