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Coureur en sentier

Je suis pharmacien en milieu hospitalier pratiquant principalement en oncologie et en infectiologie. Je passe du temps en famille, c’est ce qui ‘’occupe’’ la majorité de mon temps libre. Mais sinon la course prend l’autre majorité de mon temps pour moi. J’aime bien lire aussi et relaxer (si possible une fois par été haha) au soleil. 

Entrevue

• Quelle est ta profession ?  

Je suis pharmacien en milieu hospitalier pratiquant principalement en oncologie et en infectiologie. 

 

• As-tu des enfants ?  

Oui 4, la plus grande à ma conjointe à 11 ans puis Leana ma plus grande de 6 ans, Ely-Ann 4 ans et enfin mon petit bonhomme, Maël 2 ans.   

 

• Que fais-tu dans tes temps libres ?  

Je passe du temps en famille, c’est ce qui ‘’occupe’’ la majorité de mon temps libre 😉 Mais sinon la course prend l’autre majorité de mon temps pour moi. J’aime bien lire aussi et relaxer (si possible une fois par été haha) au soleil. 

 

• Quel est ton émission/série/film préféré ?  

J’aime un peu tout, donc j’aurais de la difficulté à cibler quelques choses de précis. 

 

• As-tu un livre préféré de course?  

J’ai bien aimé Long road to Boston, une belle démonstration de persévérance et de ne pas oublier qu’on a le droit de vouloir vivre ses rêves. 

 

• Écoutes-tu de la musique en courant ? Des podcasts? As-tu une chanson clé associée à la course ?  

C’est très variable, mais la majorité du temps je n’ai pas de musique. J’aime vivre l’expérience de la course pleinement surtout en nature. J’aime entendre les bruits aux alentour.  

Si j’en écoute et que ma playlist tombe sur Runnin’ - Adam Lambert, je ne peux m’empêcher de sourire, d’être motiver à poursuivre et de rêver de me retrouver au loin en montagne. J’ai découvert cette chanson dans un court vidéo youtube : Trail Runnin’ et j’ai trouvé le mixte de la chanson et des images tout simplement parfait pour faire rêver et adorer la course en sentier:).

 

• Étais-tu un jeune sportif ou de type plutôt sédentaire ?  

J’ai toujours été sportif. Jeune j’étais en permanence à l’extérieur, c’était le meilleur endroit pour moi. J’ai probablement touché à des dizaines de sport avec mes amis dans la rue de mes parents. J’ai joué au hockey pendant plus de 20 ans, j’ai aussi joué plusieurs années au soccer et au basket-ball. J'ai découvert la course à pied en secondaire 5 au travers justement du hockey et basket. J’ai toujours adoré avoir un horaire bien rempli. J’ai repris ‘’officiellement’’ la course 8 ans après mon secondaire 5. 

 

• Quels sont, selon toi, les défis à venir pour le milieu de la course (p. ex. : environnement, dopage, saturation d’événements, etc.)? 

Garder le milieu ‘’attirant’’ pour une génération qui veut toujours tout rapidement avec énormément de changement-amélioration. Cela serait bien triste pour la société de perdre l’attrait actuel de la course pour une grande partie de la population. 

Ensuite, garder la course en sentier aussi ‘’simple’’. L’esprit de compétition et les rassemblements sont complètement différents de ceux sur la route en général. Le bien-être de chacun en intégrant l’environnement devra rester au centre des préoccupations de tous et chacun dans ces événements. 

 

• Raconte-nous ta course préférée à vie.  

Humm c’est difficile, j’ai aimé tant de mes courses... mon 2e marathon de Boston pour l’ambiance... Trans Vallée X pour la communauté... ma première Trail en compétition au Mont-Orignal qui m’a donné la piqure... Mais je crois que c’est mon premier 80 km au QMT l’an dernier. Découvrir qu’on peut avoir tant de plaisir à courir sur une si longue distance. Le stress avant le départ, la découverte de gens extra, des paysages sublimes, de soi-même, son corps et son mental. Subir autant de plaisir au travers de la souffrance et finalement atteindre son objectif en traversant la ligne d’arrivée.  C’est la seule fois que j’ai ‘’résumé’’ mon expérience sur Ravito Trail 😊. 

 

• Raconte-nous ta course la plus difficile à vie.  

Je souvenir de 2 courses très difficile. Mon premier marathon en 2017 à Qc. Je suis allé beaucoup trop vite en partant en étant sous-entraîné pour la vitesse de départ (classique 😉). Mes quelques 60-65km par semaine n’était pas suffisant pour mes intentions. Les 5 derniers km ont été une torture, j’avais des points terribles dans l’abdomen, je pesais de toutes mes forces avec mes mains pour continuer à courir à une certaine vitesse (tout en m’assurant d’enlever mes mains pour les photos hahaa quel drôle de réflexe de vouloir bien paraître en y repensant). J’ai fini le marathon avec des douleurs musculaires un peu partout sur le ventre ainsi que plusieurs ecchymoses pour avoir pesé trop fort. Cela me permettra malgré tout d’obtenir un BQ (que je n’envisageais pas vraiment, cela devait être mon seul marathon à vie) avec un temps de 2h52. Et mon autre course difficile a été le 38km du Trans Vallée l’an dernier (la 2e des 3 course du Trans Vallée X). J’ai voulu me dépasser et me tester en trail. J’ai suivi les têtes de course le plus longtemps possible pour voir ce que mon corps pouvait endurer puis c’est la finale qui a été pénible. À quelques km de l’arrivée, je rattrapais finalement le 2e lorsque j’ai senti une énorme fatigue avec un froid assez intense, c’était très particulier comme feeling (pas si agréable). J’ai été obligé de ralentir la cadence, prendre tout ce qui me restait de sucré sur moi et repartir après plusieurs minutes au ralenti. J’ai poussé comme j’ai pu jusqu’à l’arrivée en réussissant à maintenir la 3e place, mais je crois que c’était ma course que j’ai été le plus vidé! J’ai tenté de manger quelques choses, mais j’avais la nausée et me sentait complètement vide. J'ai décidé d’aller dormir un peu avant le souper... j’ai finalement dormi 3 heures avant de reprendre un peu vie.  

 

• Qu’est-ce qui te surprend encore du milieu de la course ?  

L’entraide et la générosité. 

 

• Tu fais un podium dans une course, comment célèbres-tu ?  

Simplement avec un sourire, je suis toujours humble et je n’ai pas de marque de commerce, sauf mon gilet orange que je devrai probablement porter dans d’autres occasions maintenant 😉 .

 

• Décris-nous ton entraînement préféré ? 

Quand l’horaire familiale le permet, j’adore aller courir dans de nouveaux sentiers loin de la maison et me retrouver avec moi-même sur quelques dizaines de km. 

 

• As-tu déjà croisé des animaux sauvages durant l’une de tes courses ? 

Simplement des classiques comme marmottes, chevreuils, mouffettes trop souvent et castor. 

 

• À quoi ressemble une semaine typique d’entraînement pour toi ?  

Lundi est un repos ou mini entraînement (muscu, escalier), mardi sortie tôt avant le levé de la famille au centre de ski accumuler un peu de D+, mercredi sortie de groupe d’intervalle (avec aller-retour de la maison cumuler des km), jeudi sortie moyenne (15-20km) au pace de la fatigue du moment après la routine familiale, vendredi renforcement musculaire dans la maison et la fds je fais toujours 1 sortie de 12-18 km souvent mixte trail-route et 1 sortie longue soit sur route ou en trail(1 sem sur 2 lors de la saison des courses en sentier). Toujours un peu plus compliqué dans l’horaire de se retrouver en sentier pour des longues dans ma région. Le tout est variable en quantité selon l’évolution de la saison. 

 

• À quoi ressemble ta phase de récupération postcourse ?  

J’essaie de recourir le plus tôt possible quelques km pour me déraidir et de ne pas faire une grosse semaine d’entraînement. Après si pas de douleur, je reprends assez rapidement un horaire standard d’entraînement. 

 

• As-tu déjà eu recours ou recours-tu actuellement aux services d’un coach sportif ?  

Non, sauf me faire faire un plan de renforcement musculaire personnalisé en lien avec la course en sentier. C’est tout nouveau de cette année comme j’allonge encore mes trails. 

 

• Fais-tu partie d’un club de course ?  

Oui, le Club Performance Chronocité, une boutique de course-vélo dans ma ville. 

 

• À quoi ressemble ta diète, comporte-t-elle des particularités ? 

J’ai toujours bien mangé. Je mange énormément de fruits et légumes, 1 souper par semaine de légumineuse, de tofu et de poisson, le reste des soupers est variable. J’essaie de ne pas trop manger transformer et toutes les céréales ici sont ‘'brunes’' au maximum. La nutrition m’intéresse beaucoup depuis toujours et j’aime lire sur le sujet. Normalement, j’essaie d’améliorer un aspect sur plusieurs mois pour ne pas me tanner et tanner la famille 😉. Ma grande particularité, c’est que je mange tout le temps, je déjeune, je prends une double collation, je dine, je reprends une double collation, je souper, je prends encore une collation avec les enfants avant leur dodo et je remange avant de me coucher. C’est un running gag au travail tellement que je n’arrête pas. 

 

• Où trouves-tu la motivation de t’entraîner ? Quels en sont les bienfaits dans ta vie ?  

J’aime vraiment bouger et ressentir les bienfaits après. Après une grosse journée c’est parfait diminuer le stress et se redonner de l’énergie. Ça augmente la motivation pour la journée ou soirée. Après, je veux continuer de bouger pour rester en santé le plus longtemps possible pour ma famille et aussi être un exemple pour eux. Autant dans un mode de vie actif, que dans l’exemple de faire ce qu’on aime, qu’on a le droit. 

 

• As-tu un mantra que tu te répètes à la course pour augmenter ta motivation ? 

Tu es capable, tu es le meilleur (ç’est pas nécessairement ce que je pense, mais de se le répéter, on reste dans le positif et on dirait que tout est possible), je veux que ma famille soit fier de moi et que je n’ai pas fait tout cet entraînement pour rien. Ces paroles reviennent souvent durant une course. 

 

 • Pratiques-tu la visualisation positive ou d’autres activités de renforcement mental ?  

La veille ou le matin de la course dans ma douche je ferme toujours les yeux en laissant couler l’eau et je m’imagine faire la course jusqu’à l’arrivée et je suis toujours fier et heureux dans ma visualisation. 

 

• Décris-nous ta routine de préparation la veille d’une course et avant ton départ.  

Je prépare l’ensemble de mon matériel sur la table, je prends un gros smoothie puis dodo le plus tôt possible dans la situation. Je me lève 2-3 heures avant le départ, déjeune (toast ou baguel blanc cette fois) plus quelques fruits ou mon restant de smoothie, douche avec visualisation de la course, habillement pour la course et vérification que je n’ai rien oublié. J’amène toujours un gatorade que je bois environ 1h30 avant le départ. 

 

• Comment gères-tu la déception lorsque tu n’atteins pas tes objectifs ?  

Je me rappelle mes réussites et mes prochains défis à venir. Ça ne peut pas toujours être parfait malheureusement. Je finis par accepter la situation pour passer à autres choses. 

 

• Comment maintiens-tu un équilibre entre la course, le travail, la famille et la vie sociale ?  

Tout est une question d’horaire et de discussion. Planifier à l’avance, en discuter en famille et accepter que les plans puissent changer.  

 

• As-tu déjà été ou es-tu inspiré par d’autres athlètes ? 

Quand j’ai découvert les longues trails, j’ai adoré et j’adore encore suivre Mathieu Blanchard et Team Cauchon.   

 

• As-tu déjà souffert de blessures de course ? Comment les gères-tu lorsqu’elles se présentent et comment les évites-tu ?  

Oui quelques-unes. Je consulte un professionnel afin de ne pas laisser trainer le tout. C’est généralement une mauvaise gestion du plan d’entraînement : trop trop vite ou pas assez de récupération. J’essaie du mieux possible de suivre la quantification du stress mécanique et de ne pas répéter mes anciennes erreurs. 

 

• Le syndrome du surentraînement t’effraie-t-il ? Comment es-tu certain d’en rester éloigné 

Oui quand même. Je trouve que lorsqu’on tombe dans les très longues distances, il faut mettre nécessairement beaucoup de temps dans l’entraînement, alors le risque est présent surtout quand on aime performer. Je veux surtout que le tout reste dans le plaisir à la base, je vois mes amis, je prends du temps pour moi, je cuisine et écoute aussi la télévision en famille ou avec ma conjointe. J'essaie de diminuer mon stress. Mon plus grand défaut est mon sommeil, je me couche tard et les enfants ne font pas encore leur nuit, donc c’est souvent lui qui écope même si je sais que c’est très important. 

 

• Que serait-on surpris d’apprendre sur toi ? 

Dans mes temps libres je fais des conserves... bon c’est arrivé une fois dans ma vie, on voit que j’ai vraiment beaucoup temps libre 😉, mais honnêtement j’adore cuisiner et recevoir.