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Xavier Fognini

Xavier Fognini

Coureur en sentier

Passionné de course à pied en sentier depuis quelques années, j'aime découvrir, me dépasser, et faire partager mes expériences. En tant qu'ambassadeur pour La Clinique Du Coureur, je serais très fier porter ces couleurs et partager avec un plus grand nombre tous les bienfaits de la course à pied!

Entrevue

As-tu des enfants?

J’ai une petite fille de 6 ans — et d’ailleurs cela fait environ depuis ce temps-là que je cours plus sérieusement.

Que fais-tu dans tes temps libres

Depuis peu, je fais partie du groupe des Bénévoles de l’Harricana, et je vais m’occuper d’organiser et superviser, avec une autre bénévole, la vérification du matériel obligatoire. J’aimerais aussi m’impliquer dans le bénévolat et l’organisation des courses, c’est un milieu et une ambiance qui est très motivante et intéressante!

Étais-tu un jeune sportif ou de type plutôt sédentaire?

J’ai toujours été sportif. Adolescent, j’étais dans un club de cyclisme sur route, participé à quelques compétitions et cyclo-cross. Derrière la maison de mes parents, à la campagne, il y a un petit Mont d’environ 300 m de hauteur. C’était ma sortie de fin de semaine, à pied ou en vélo avec mon chien! À l’époque, on ne parlait pas encore de trail, et encore moins d’ultras!

Quels sont, selon toi, les défis à venir pour le milieu de la course (p ex : environnement, dopage, saturation d’évènements, etc.)?

Pour moi, et plus particulièrement au sujet des courses en sentier de type «ultra», ce serait de garder cette discipline le plus possible proche de ses racines et de ce qu’elle est. Soit la découverte et l’exploration de la nature, de ses sentiers et de ses beautés.

Raconte-nous ta course préférée à vie.

Si je remonte dans mes souvenirs (loin…), ce serait une course cycliste (contre la montre en binôme), gagnée à ma grande surprise. Ce jour-là, les conditions, jambes et mental étaient à 100 %.

Plus récemment, ce serait mon premier ultra trail (80 km de l’Harricana en 2018). J’avais déjà fait un ultra avant (60 km sur route en 2017), mais c’était le premier «trail», et j’ai apprécié tous les moments. Surtout les 15 derniers km, après avoir presque «touché» la ligne d’arrivée, mais nous avions droit, participants du 80 km, à monter le mont Grand Fonds et refaire un petit tour dans le bois… Sur le moment, ces derniers 15 ont été très durs, voulant absolument arriver au plus vite, mais avec le recul, j’avais encore de bonnes jambes et j’ai pu avoir un bon rythme de course jusqu’au bout. L’arrivée était géniale et restera un très bon souvenir!

Raconte-nous ta course la plus difficile à vie.

Le Québec Méga Trail de 2019. Premier 110 km, et au bout de 80 km je n’avais plus rien dans les jambes, et environ 1 % restant dans la tête… Même configuration qu’à l’UTHC 80 de 2018, soit il faut monter (le mont Sainte-Anne cette fois), et une petite boucle de 30 km environ… J’ai mis 7 h pour faire cette boucle… Les jambes en coton tout le long, digestion et hydratation qui ne passaient plus, et aucune lucidité pour simplement changer les batteries de ma frontale… J’ai finalement perdu presque toute mon avance sur les barrières horaires, pour terminer à environ 30 min de la limite… Un mélange de honte d’avoir mis si longtemps, mais tout de même un peu fier d’avoir tenu et terminé… Je suis inscrit au QMT 110 de 2020, s’il a lieu. On croise les doigts!

Décris-nous ton entrainement préféré?

La nuit, un soir de semaine, pour aller faire quelques tours du Mont Royal désert ou presque. En ce moment particulier de confinement, la situation change un peu, et mes entrainements préférés sont par exemple des montées/descentes de mes escaliers des centaines de fois, ou alors des défis sur le tapis de course…

À quoi ressemble une semaine typique d’entrainement pour toi?

Je m’entraine en moyenne 2 à 3 fois dans la semaine, soit tôt le matin, le midi, ou la nuit. Et je réserve la fin de semaine pour une sortie plus longue en journée, habituellement sur le Mont-Royal. J’alterne entre des sorties à vitesse régulière, des répétitions de montées-descentes, et du tapis intérieur. J’aime aussi faire des choses spécifiques, comme s’entrainer à jeun, ou juste après un bon repas! De mon point de vue, tout est sujet à entrainement. Le froid, le chaud, la digestion, le type de foulée selon le terrain, etc., et ça devient très motivant et intéressant!

Fais-tu partie d’un club de course?

CTM Montréal depuis le 1er avril

Où trouves-tu la motivation de t’entrainer? Quels en sont les bienfaits dans ta vie?

C’est devenu maintenant un mode de vie. Chaque temps libre, lorsque le temps et les autres obligations le permettent, je prépare mes affaires et sors courir. C’est un évacuateur de stress très efficace. De plus, la course à pied et plus particulièrement les ultras trails, trouvent écho et ont des bienfaits dans ma vie de tous les jours. Pas seulement sur le point de vue santé physique, mais aussi mentale. Par exemple je prends beaucoup plus de recul qu’avant, je prévois plus, j’anticipe davantage. J’ai l’impression de voir à long terme plus facilement, et je peux faire des parallèles entre des situations de vie et des situations de course. C’est une bonne motivation pour participer à des courses, et donc à m’entrainer.

As-tu déjà été ou es-tu inspiré par d’autres athlètes?

Killian Jornett vient pour moi d’une autre planète par exemple, mais au même titre que les autres athlètes qui terminent à 1 h ou 2 de lui… De même, un coureur de marathon qui termine entre 2 h et 2 h 30 est pour moi incroyable! Ensuite, ce sont tous les coureurs que je peux côtoyer pendant des courses qui m’inspirent. On a tous nos histoires et contraintes, mais on est là dans les courses, et on ne lâche pas jusqu’à la fin. C’est le plus inspirant à mon avis!

As-tu déjà souffert de blessures de course?

J’ai subi des blessures aux genoux. Il me manque quelques morceaux de ménisques et mes ligaments croisés sont refaits. Ce n’est pas l’idéal pour courir, mais il y a environ 5 ans, j’ai modifié ma foulée et surtout mon attaque du pied, pour aller plus vers la pointe. Cela m’a beaucoup aidé et depuis, je ne me suis jamais blessé sérieusement pendant une course. C’est même je trouve bénéfique pour mes genoux et articulations.

Bien des coureurs modifient leur entrainement en fonction des recherches. Quel est l’impact des nouvelles connaissances sur ton entrainement?

Pour ma part, je vois chaque nouvelle étude ou nouveauté comme une opportunité d’adapter mon entrainement aux ultras. Dans chaque ultra, selon la distance, il va y avoir un moment où tu pourras mettre à profit ton entrainement à avoir jeûné, ceux où tu as mangé un bon repas et parti courir derrière, ceux où tu n’avais pas pris d’eau, ou encore les randonnées avec un sac de 10 kg sur le dos… Je trouve qu’il est bon et super intéressant de s’entrainer pour toutes ces situations. Par exemple, je me suis retrouvé un jour à faire une boucle de 16 km sur l’heure du midi, à mon travail, sans eau et en plein été. Je n’avais pas le choix, et fallait revenir et assez vite. La déshydratation a été difficile et il était dur de continuer, mais c’est un de ces entrainements ou j’ai réalisé qu’après un coup dur, si on persévère, on va s’en sortir et retrouver d’autres ressources pour permettre d’avancer.