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Coureur sur route

Je suis un passionné de la course à pied et de la science de l’entrainement. Le premier outil qui m’a aidé à changer ma vie a été le livre de « Entrainement Cardio » de Guy Thibault, le 2e a été le site web de la clinique du coureur avec lequel j’ai appris à la dure la quantification du stress mécanique. J’étais concessionnaire automobile sur la Côte-Nord et j’ai vendu mes entreprises pour venir m’installer avec mes filles et ma conjointe qui est professeure de Yoga au Lac Beauport dans le but de promouvoir l’adoption de saines habitudes dont fait parti la course à pied.

Entrevue

  • Quelle est ta profession? 

J’ai étudié en piano jazz et après quelques années rock n’roll, je suis retourné sur la Côte-Nord pour travailler dans l’entreprise familiale, un concessionnaire automobile. Nous en avons acheté un 2e et mon frère et moi avons dirigé chacun notre concessionnaire pendant 20 ans. Toyota dans mon cas. Et j’ai vendu mes actions en 2017 et je suis maintenant coach en sports d’endurance et aussi conférencier. J’ai transformé ma passion en occupation plus sérieuse. 

 

  • As-tu des enfants? 

J’ai 2 belles grandes filles de 18 et 19 ans! Nous sommes arrivés dans la région en bonne partie pour les suivre. 

 

  •  As-tu un livre de course préféré? 

 Le livre qui m’a aidé à débuter mon changement de vie est « Entrainement Cardio » de Guy Thibault. 

 

  • As-tu une chanson clé associée à la course? 

"Kickstart my heart" de Motley Crue est en tête de liste. 

 

  • Étais-tu un jeune sportif ou de type plutôt sédentaire? 

Je touchais un peu à tout sans être très performant. Le seul sport où j’ai fait un peu plus de compétition étant plus jeune est le golf, on est loin de la course à pied ;). Mais j’avais beaucoup diminué mon niveau d’activité en commençant à travailler et quand j’ai eu mes filles. 

 

  • Raconte-nous ta course préférée à vie. 

 La course qui a tout changé pour moi, c’est la première course organisée à laquelle j’ai participé. C’était le demi-marathon international de Québec (lorsqu’il partait du domaine maizerets). Je ne me connaissais pas beaucoup comme coureur, mes problèmes cardiaques étaient derrière moi, ma vie allait de mieux en mieux grâce à la course à pied. J’avais comme objectif de le courir avec un bon ami kinésiologue à 5min/km. Nous l’avions pratiquement fait à l’entraînement… La veille de la course, mon ami Stéphane m’a exposé son idée de plan de course: partir à 4m30s/km et voir combien de temps ça tient! Mon meilleur temps sur 10km était de 48mins, alors je lui ai dit qu’il était tombé sur la tête! Il m’a répondu que j’étais meilleur que je le croyais. Comme c’était lui l’expert, je me suis laissé convaincre et je me suis dit qu’au pire j’aurais une bonne histoire à raconter. Nous voilà donc le lendemain, le départ est donné et on court à 4m30s/km, et ça tient! Nous sommes passés au 10km à 45 minutes pile!! Et ça tenait toujours. Nous avons dû lever le pied un peu pour la 2e moitié, car mon ami était sur une fin de sinusite! Nous avons finalement terminé en 1h36m et des poussières… Je me souviens encore du grand frisson que j’ai ressenti 200-300m de l’arrivée avec la foule qui nous encourageait! Ça goûte presque encore en vous écrivant ces lignes… ç’a été le jour où j’ai commencé à vouloir être en meilleure santé pour mieux courir et non l’inverse. Un grand jour pour moi. 

 

  • Raconte-nous ta course la plus difficile à vie. 

 Mon Ironman en 2014... 

 Mon alarme était réglée pour 3h50, je me suis ouvert les yeux plutôt à 1h57, incapable de me rendormir ! Je savais que ce serait une longue journée, mais je me serais passé de ces deux heures additionnelles. Tant qu’à être réveillé, j’en ai profité pour faire de la visualisation positive pour ma course et pour prendre de grandes respirations et tenter de relaxer le plus possible. Finalement debout à 3h30, j’arrive dans le salon que nos familles avaient décoré avec des pancartes plus colorées les unes que les autres pour nous encourager pour le défi à venir ! Cool !!! Un bon petit déjeuner comme à l’habitude, quelques blagues avec la gang pour détendre l’atmosphère, les dernières vérifications et nous voilà dans la voiture en route pour la zone de transition et ensuite la plage du lac Tremblant pour le grand départ !  Je redoutais deux moments de la journée au niveau émotif : 1- Avant le départ et 2- le dernier kilomètre du marathon et l’arrivée, J’ai eu raison pour le premier ! On se déplace avec nos familles à travers tous les autres athlètes, les supporteurs, spectateurs et les bénévoles vers l’enclos de départ. On sent la fébrilité et l’énergie (parfois même l’anti-flogestine) dans l’air ! Quand nous sommes arrivés à l’endroit où nos familles ne pouvaient plus avancer plus loin, disons que j’avais la gorge serrée et pas à cause de mon wetsuit !  Roland, Christine, Aldéric, Marie-Claude et moi avons formé un cercle, bras dessus, bras dessous, le « oh Canada » jouait en background, très peu de mots se sont échangés, beaucoup d’émotions, des high fives et des tapes dans le dos, on était rendu à la fameuse ligne de départ !! Un bec à ma Diane, un gros colleux à mes filles et je me suis mis à marcher vers l’arche qui mène dans l’enclos de départ ! 

J’étais le premier de la gang à partir à 6h45 dans la 2e vague de groupe d’âge, les hommes 35-39 ans. Les émotions étaient redescendues, le focus était revenu, je me suis même surpris à sourire sans raison précise. 6h45m00s : Les feux d’artifice et c’est parti ! 

La nage : 

Nous étions 280 dans ma vague de départ et j’anticipais un premier 5-6 minutes rock n’roll avec quelques taloches et coup de coude accidentel le temps que le groupe s’étire un peu et que tout le monde prenne son rythme. À ma grande surprise, ç’a été plutôt calme et avec l’effet de masse, il se crée un petit courant favorable qui fait qu’on part à un bon rythme. Après environ 5 minutes, je regarde ma montre et je suis à une moyenne de 1m42s/100m !!! J’ai un objectif de 2m00s/100m qui me donnerait un temps de 1h16mins pour le 3,8km, mais même si je suis plus vite que prévu, le corps et le souffle vont très bien, je me dis que c’est l’effet de groupe et je continue au même feeling d’intensité. Après environ 600m j’aperçois un premier casque bleu (hommes 40-44 ans qui sont partis 3mins après moi) et je me dis que ça doit être toute une torpille pour m’avoir pris 3mins sur 600m !! 10 secondes plus tard je vois mon premier casque blanc (hommes 18-34 ans qui sont partis 3mins avant moi) et je me dis que au moins je suis la torpille de quelqu’un d’autre !!  Jai passé à la moitié du chemin (1900m) à 36m44s soit 1m56s/100m, tout va bien, mais il y a de bonnes grosses vagues au milieu du lac, mais rien pour me faire avaler des bouillons. La 2e moitié est plutôt sans histoire et je termine la nage finalement après 3800m en 1h14m45, 1m58s/100m, et je me dis qu’il me reste environ 10 heures d’efforts avant la consécration ! Classement après la nage : Hommes 35-39 ans (119/280), classement général (775/2269) 

T1 (Transition nage-vélo) : 

Une fois sortie du lac, on a environ 500m à courir pieds nus sur l’asphalte avec plusieurs centaines de supporteurs de chaque côté du chemin qui s’époumonent à nous encourager ! Je scanne la foule tout en courant en enlevant mon wetsuit en espérant y voir ma blonde et mes filles, je vois en premier mes parents que je n’avais pas eu l’occasion de voir avant le départ… un sourire, un clin d’œil et on continue ! Diane et les filles sont 50m plus loin, elles ont l’air super contentes de me voir ! Cool ! J’enfile mon stock de vélo, une autre petite course pour sortir de la zone de transition et me voilà sur ma monture pour un petit 180km ! 

Le vélo : 

 Avec l’expérience acquise le 22 juin dernier pendant le Ironman 70.3 aussi à Mont-Tremblant, je connaissais déjà le parcours et je savais où les pièges étaient ! Bien que je n’aie jamais tenté de maintenir une certaine vitesse (km/h), mon plan de course était d’éviter les grosses pointes d’efforts, mêmes courtes, tout en maintenant un rythme soutenu. Je voulais maintenir un rythme cardiaque moyen d’environ 133-134 BPM et je voulais éviter de monter en haut de 145 pendant les montées. Mathématiquement, mes calculs me donnaient une prédiction de 5h51m pour les 180km, soit une moyenne de 30,8km/h. 

Il est 8h07 et la température est de 12C, je suis encore humide de ma nage et à 30km/h en manches courtes, ce n’est pas chaud !! Les premiers 10kms servent à monter la montée Ryan pour aller rejoindre la route 117 où le revêtement est presque neuf et ça roule vraiment bien. Mais du 10e au 34e km, nous avons un bon vent de face et en triathlon nous n’avons pas le droit au sillionage (draft) en nous mettant derrière un autre vélo pour se protéger du vent ! Après 34km on fait demi-tour, mais mes pieds sont déjà gelés, mais la température commence à réchauffer et le fait d’avoir le vent dans le dos aide aussi à se réchauffer tranquillement. J’ai mangé une barre Vector au début du vélo et j’en mangeais une autre à chaque 50kms (50-100 et 150km) histoire d’avoir une heure pour digérer la dernière avant le marathon. Le reste de la nutrition à vélo était constitué de gels énergétiques et de boissons sportives « Perform ». Rendu au 72e km, on repasse près de la zone de transition avant de se taper la montée Duplessis, je savais que j’avais des bonnes chances de voir mes supporteurs m’encourager et ça, c’est vraiment le fun ! Je ne les ai qu’entendus à ce passage, mais je savais que je repasserais seulement 18 km plus tard pour finir la première boucle à vélo. Avant d’arriver dans la partie abrupte de la montée Duplessis, une première pause toilette chimique ! En re-sortant, je me suis dit qu’il y avait surement des Mexicains qui faisaient l’épreuve qui avaient passé avant moi, je vous épargne les détails . En montant les 4 derniers kilomètres de la montée Duplessis, on na pas vraiment le choix de torquer un peu plus pour pouvoir garder un certain rythme, mais jessaie quand même de respecter mes limites, car je sais très bien quil men reste plus à faire que les quatre premières heures qui sont derrière moi ! Ce qui est bien avec le fait que le parcours soit une boucle, c’est que forcément tout ce que l’on doit grimper comme côtes, on les redescend tôt ou tard. J’ai atteint une vitesse de pointe de 72 km/h dans la plus grosse descente. Je finis la première boucle de 90km en 2h51m en passant devant ma famille et les supporteurs de Baie-Comeau qui sont en délire , une moyenne de 31,5km/h, 4 minutes plus rapide que mon plan de course. 

 Après avoir remonté la montée Ryan pour une 2e fois, j’arrive au 100e km et le bas du dos commence à m’élancer un peu. C’est un feeling que j’ai déjà ressenti dans les entraînements qui combinaient volume et intensité alors je ne m’en fais pas trop, mais j’aurais préféré commencer à ressentir cette douleur un peu plus tard sur le parcours de vélo ! Je sais par contre que mon dos ne me fait jamais souffrir en course à pied, donc je dois quand même lever le pied un peu et j’alterne la position aéro et debout un peu plus souvent pour économiser mon dos. Le reste du vélo se passe plutôt bien malgré que ce soit assez long, mais les kilomètres défilent un à un et j’essaie de rester attentif à ce qui se passe devant moi, car je voulais éviter le plus possible le risque de chute ou un faux mouvement d’un autre cycliste. Je termine finalement mon 180km en 5h55m37s, pour une moyenne de 30,4km/h !! Malgré le fait que je course depuis maintenant 7h17m, le niveau d’énergie est très bon et je suis content de bientôt tomber dans mes souliers de course ! Classement après le vélo : Hommes 35-39 ans (97/280), classement général (534/2269) 

T2 (Transition vélo-course) : 

Les premiers pas en débarquant du vélo sont toujours un peu curieux, mais le feeling revient vite. À partir du moment où j’ai mis mon pied à terre, je savais que j’avais évité à peu près tous les pièges que je ne pouvais pas contrôler qui auraient pu m’empêcher de devenir un Ironman. Les gros coups de coude dans le lac, les bris mécaniques de vélo, une chute à vélo… À partir de cet instant, il me restait 9h40m pour terminer mon marathon sous les 17 heures réglementaires pour être considéré Ironman, je me suis dit que je pouvais le marcher de reculons et j’y arriverais. La question était maintenant : qu’est-ce qui me reste dans les pattes ? Étant donné que je n’avais pas l’intention de faire un autre Ironman de sitôt, je me suis dit aussi bien donner ce qui reste et on verra bien… 

Le marathon : 

Après quelques centaines de mètres seulement après le début du 42,2km, je vois Diane et les filles avec Francine ma belle-mère sur le bord de la clôture qui m’encourage et ma blonde a le visage en point d’interrogation, je sais qu’elle se demande comment je me sens ! Je prendre 5 secondes pour aller l’embrasser, c’était quand même notre anniversaire de mariage ! La voilà rassurée et me voilà satisfait ! Les premiers 4 km sont plutôt côteux mais j’ai des jambes et les pulsations ne sont pas très hautes, la machine tient le coup ! J’estimais que je pourrais probablement faire mon marathon en 3h45m, soit 5m15s/km. J’étais même un peu plus rapide au début d’une dizaine de secondes au kilomètre. Après 4 km, j’aperçois Roland devant moi. Je sais qu’il est blessé au tendon d’Achille, mais il semble avoir une foulée correcte en le voyant courir. Arrivé à sa hauteur je m’informe et il me dit que c’est douloureux, mais il reste positif, un gars focus !!! Je lui dis de ne pas lâcher et qu’il a le temps en masse de le terminer. J’ai pris le temps de marcher quelques pas à chaque station de ravitaillement pour boire de l’eau, prendre un gel ou du coke flat. Je dépasse beaucoup plus que je me fais dépasser, c’est bon pour le moral. Tout le monde s’encourage sur le parcours, les bénévoles sont incroyables, de la grosses musique à chaque ravito, on est traité au petits oignons ! Vers la fin du premier demi-marathon au 20e km, j’attends une fille crier tellement fort « Let’s go Philippe » !! C’était Élise Lechasseur de Baie-Comeau, elle a surement terminé sa journée avec une extinction de voix . Quand passe dans le village pour compléter le premier tour, on aperçoit la ligne d’arrivée, ça donne le goût de terminer, je vous le jure ! J’ai terminé la première boucle en 1h51m direct sur le plan ! Je me suis dit que si ça continuait comme ça, je terminerais dans les alentours de 11h04m et je me sentais toujours très bien malgré les 9h11m d’efforts déjà derrière moi ! 

 Je repasse devant Diane et les filles, un dernier bec et un dernier demi-marathon et ça y était ! Juste 21km, je l’ai fait des dizaines de fois à l’entrainement ou en compétition et je me sentais encore bien, mais je sentais mes cuisses qui commençaient à durcir et perdre un peu de souplesse. Après les 3 premiers km avec des côtes du 2e tour… bang ! Je frappe un mur après une descente et je ne suis plus capable d’avoir une foulée complète. J’ai perdu beaucoup de force au niveau des cuisses, mais tout le reste va bien, je n’ai pas le choix de ralentir même si j’ai encore du gaz. C’est ma structure qui est en train de faire défaut ! J’arrive au ravitaillement suivant et je marche comme à chaque fois et je découvre qu’il donne des pretzels, je n’ai jamais autant tripé à manger du sel et du pain sec avec une bonne gorgée de coke flat , je vous jure, le paradis ! Il ne manquait quun Lazy-Boy et un vieux film de James Bond et j’arrêtais tout ça ! Après une minute à marcher sans douleur, je me remets à courir et c’est vraiment dur de recommencer, car les raideurs et la douleur s’installe aussitôt que je recommence ma foulée de course. À partir du 27e km, j’avais le goût d’arrêter de courir à chaque 200m, mais en même temps, je voulais avoir le sentiment d’être allé au bout de moi-même quand je passerais le fil d’arrivé. J’ai alors pris la décision de laisser tomber le chrono et de me donner le droit de marcher à chaque poste de ravito un peu plus longuement, le temps de bien m’hydrater et de manger ce qui m’était proposé par les bénévoles ! À chaque fois que je recommençais à courir, c’était vraiment pénible les 15 premières secondes et ça se stabilisait, mais à chaque pas, et encore plus pendant les descentes, c’était comme si je recevais un petit Charley horse sur le devant des jambes ! Le seul 50m que j’ai marché sans ravito, c’est dans la dernière bonne côte à 1,5km de l’arrivée, je courais lentement en montant pour me rendre compte qu’un autre athlète était à mes côtés et marchait…. à la même vitesse que je courais , jai donc décidé de limiter.  

L’arrivée : 

Je redoutais le côté émotif de l’arrivée, mais je pense qu’on est simplement trop vidé et content d’arriver pour tomber dans le mélodramatique ! Dans le dernier km, la foule devient plus dense, les encouragements nourris et je savais que ma famille m’attendait !!! À environ 500m, le chemin rapetisse et si on tend les bras, les spectateurs des deux côtés nous tapent dans les mains et nous encouragent, mais la grosse folie s’installe quand on tourne vers le dernier 200m qui mène au fil d’arrivée !!! Les gens crient, on entend la musique et l’annonceur, les jambes retrouvent leur élasticité, le cœur pompe, la très grande fierté d’entendre finalement : « Philippe Dumont de Baie-Comeau, You are an IRONMAN ! » Vraiment tout un feeling ! J’ai quand même fait mon marathon sous les 4 heures en 3h59m09s ! Classement final : Hommes 35-39 ans (74/280), classement général (394/2269). Temps final : 11h19m00s 

L’après-course : 

Une poutine m’attendait et je suis aller trouver mes parents, ma blonde et mes filles rapidement. De belles émotions et de beaux souvenirs ! Je suis resté sur le site pour savourer un bon repas, profiter de l’ambiance et attendre mes 3 compatriotes qui sont eux aussi des Ironman !! J’étais aussi fier d’eux que j’étais fier de moi quand je les ai vu un à un passer la ligne. Vraiment une aventure extraordinaire qui m’a appris une chose : Il n’y a pas grand chose que nous ne pouvons pas accomplir ! Il faut se donner le temps, se choisir et simplement avoir un peu de discipline pour surmonter les périodes plus difficiles. 

 

  • Qu’est-ce qui te surprend encore du milieu de la course à pied? 

Qu’encore trop de gens se disent que ce n’est pas pour eux! C’est pratiquement gratuit, les bienfaits sont énormes, mais ça reste trop difficile de commencer pour trop de gens… 

 

  • À quoi ressemble une semaine type d’entrainement pour toi? 

 Si je n’ai pas d’objectif à court terme, je dirais 3-4 sorties de CAP dont 1 EPI près de ma VAM et un autre un peu moins vite (disons 90% VAM). 1 EPI à vélo + 1 sortie facile pour du volume. 1 entrainement en natation, le sport que j’aime le moins dans les 3… 

 

  • Fais-tu partie d’un club de course? 

 Depuis mon arrivée à Québec, je coach et je m’entraine avec Capitale Triathlon 

 

  • À quoi ressemble ta diète? 

Je suis végétarien, mais je n’en fais pas une religion… Si je vais chez des amis et qu’il y a un steak dans mon assiette, je le mange avec plaisir. J’ai quand même gardé les oeufs et le fromage au niveau des protéines non végétales, mais en diminuant un peu leur quantité. 

 

  • Où trouves-tu la motivation de t’entrainer?  

Comme n’importe quel athlète, il m’arrive d’avoir des baisses de motivation, mais quand je pense à l’après-entrainement, c’est toujours suffisant pour me faire mettre mes souliers. 

 

  • Décris-nous ta routine de préparation la veille d’une course et avant ton départ. 

J’essaie toujours d’avoir une très bonne nuit de sommeil l’avant veille, car la nuit avant une course importante, je n’ai jamais une nuit à la hauteur de mes attentes. Sinon, je m’alimente bien, je m’hydrate, je fais les pleins de glucides, mais sans en faire une folie. Je déjeune idéalement au moins 2h30 avant mon départ et je fais confiance à ma préparation. 

 

  • Comment maintiens-tu un équilibre? 

Le mot équilibre est le mot qui est toujours au centre de mes réflexions. L’expérience m’a appris que lorsque l’équilibre ne fait pas partie de l’équation , il y a toujours une facture à payer un peu plus tard… Donc je dirais je cours, travail et m’amuse en fonction d’être en équilibre et non l’inverse. 

 

  • As-tu déjà été inspiré par d’autres athlètes? 

 Il y a un coureur à Baie-Comeau, Yvon Côté (le père de Laurence Côté qui tente de se qualifier pour les JO de Tokyo au 800m), qui, sans être le plus flamboyant, est très performant et semble toujours courir pour le simple plaisir de courir. C’est toujours un grand plaisir de le côtoyer et de pouvoir courir avec lui. 

 

  • As-tu déjà souffert de blessures? 

Bien entendu! Mais jamais rien qui m’a tenu loin de mes souliers de course très longtemps. 

 

  • T’intéresses-tu à la science en course à pied? 

Je suis un passionné de tout ce qui touche l’entrainement. Mais je dirais que ce qui me caractérise le plus, c’est que j’essaie toujours de peaufiner mes méthodes pour être plus efficace dans mes préparations et la préparation de mes athlètes. Mettre son énergie à la bonne place à l’entrainement. Un peu comme un coureur qui tend vers une parfaite efficacité de foulée, moi j’essaie d’avoir une préparation qui tend vers la perfection. 

 

  • Les effets des recherches sur mes méthodes? 

Je suis toujours mon 1er rat de laboratoire. Et je vais vers les choses qui ont du sens pour moi. Par exemple, je tends beaucoup plus vers la logique du jeune intermittent que vers un régime cétogène. Les gens prennent souvent une bonne conclusion d’étude, mais la distortionne pour leurs propres profits. Je suis un septique de nature, alors, disons je teste de façon très graduelle. 

 

  • Que serait-on surpris d’apprendre sur toi? 

Que j’ai déjà dit: Je préfère mourir noyé dans de la sauce à poutine à 40 ans que de manger santé jour après jour! (Comme quoi il n’est jamais trop tard)