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Coureuse sur route

Je suis passionnée de course à pied et adepte du yoga. J’ai découvert la course à pied en 2013 et a participé à plusieurs courses officielles allant du 5 km au demi-marathon en passant par la course de trail. Je suis devenue entraîneur dans mon club de course à Verdun. Je suis certifiée comme entraîneur de groupe avec Can-Fit-Pro et j’ai suivi plusieurs cours de la clinique du coureur. Je veux perfectionner mes connaissances en course à pied afin de partager ma passion et les connaissances relatives constamment mises à jour.

Entrevue

• Quelle est ta profession ?  

Je suis conseillère de recherche à l’Université de Montréal dans le domaine de la recherche biomédicale. 

 

• As-tu des enfants ?  

J’ai 3 enfants. Oriane 10ans, Pierre 8 ans et Louis 1 an. 

 

• Que fais-tu dans tes temps libres ?  

Je cours! Mes temps libres vraiment libres sont rares. J’essaie de garder du yoga et du renforcement musculaire pour compléter ma pratique de la course à pied. Je lis dès que je peux. Je tricote. Je fais de la méditation. 

 

• Quel est ton émission/série/film préféré ?  

Une série : Grey’s anatomy 

Film : Intouchables 

 

• As-tu un livre préféré de course?  

J’ai beaucoup parcouru « Courir mieux » de Jean-François Harvey. J’ai beaucoup aimé aussi Haruki Murakami « What I Talk About When I Talk About Running 

 

• Écoutes-tu de la musique en courant ? Des podcasts? As-tu une chanson clé associée à la course ?  

J’écoute très peu de musique en courant. J’aime me recentrer sur moi-même, mes sensations et mes pensées. J’écoute des podcasts sur la course à pied en général en dehors de mes sorties. J’aime particulièrement « dans la tête d’un coureur ».

 

• Étais-tu un jeune sportif ou de type plutôt sédentaire ?  

J’étais active (danse, tennis…) mais je me suis toujours considérée comme non-sportive. J’ai été étonnée d’aimer la course à pied. J’ai encore du mal à me considérer sportive! 

 

• Quels sont, selon toi, les défis à venir pour le milieu de la course (p. ex. : environnement, dopage, saturation d’événements, etc.)?  

Pour moi un grand défi à relever serait environnemental. Trop de t-shirts promotionnels, trop de gobelets, de déchets en général. L’environnement est une priorité pour moi. 

 

• Raconte-nous ta course préférée à vie.  

Ma course préférée a été mon demi-marathon de Bromont en 2017. Je visais un chrono sous les 2h. C’était un chrono que je visais alors que je courais depuis juillet 2013. J’avais déjà complété 4 demi-marathons sans y parvenir. Blessée (fracture de stress) juste après le dernier à l’automne 2016. J’ai découvert mon club de course au printemps 2017. Ça a été une révélation pour moi. J’ai rencontré des personnes formidables dont les 2 coachs (Annie Toutiras et Marie-France Huot) qui m’ont permis de progresser énormément. Lors de cette course j’étais absolument dans le moment présent et pleine de gratitude pour toutes les personnes qui me permettaient d’être là, y compris ma famille. Mon mari et mes enfants m’attendaient peu avant la ligne d’arrivée et les enfants ont couru avec moi sur les derniers mètres. J’ai franchi la ligne en 1h58 et j’étais vraiment comblée. 

 

• Raconte-nous ta course la plus difficile à vie.  

J’hésite entre un 5km un jour de grande chaleur et mon dernier demi-marathon (Montréal 2019) avec aussi une grande chaleur. 

Mon 5km se passait en juin 2017. Ma coach m’annonce le matin de la course qu’elle va courir avec moi et me pousser. Il faisait très chaud et il y avait beaucoup de vent. Elle me demandait si ça allait. Je répondais « non ». Elle me disait que tant que je répondais c’est que ça allait! J’ai tenu jusqu’à la ligne d’arrivée qui me semblait si loin alors que je peux courir 5km tous les jours. Un 5km n’est pas forcément une course facile! 

Pour mon demi-marathon en septembre dernier, j’avais l’objectif de retourner sous la barre des 2h sur 21k suite à mon accouchement en janvier. La chaleur a été difficile à gérer. J’ai ressenti des brulures à l’intérieur des cuisses et sous les bras. J’étais à bout de souffle. J’ai marché à de nombreuses reprises. J’ai dû puiser dans ma force mentale pour continuer. J’ai pensé aux gens que j’aime. J’ai aperçu la réanimation de la personne qui est décédée au 18e km. Ma famille se trouvait quelques mètres plus loin. J’ai essuyé quelques larmes et j’ai fini en 2h01’52’’. J’avais donné tout ce que je pouvais, je ne regrettais pas ce chrono. 

 

• Qu’est-ce qui te surprend encore du milieu de la course ?  

Ce qui me surprend le plus c’est la diversité des corps. Tout le monde peut courir. Jeune, vieux, mince, en surpoids, avec des handicaps… Je suis toujours surprise de voir tous les morphotypes au départ d’une course. Des personnes que je jugerais moins « fit » que moi, sont souvent de meilleurs coureurs! 

 

• Décris-nous ton entraînement préféré ? 

C’est un amour-haine avec les entraînements par intervalles. J’ai toujours peur d’y aller mais ils me font un bien fou! J’ai besoin de pousser la machine régulièrement pour me sentir vivante. 

 

• As-tu déjà croisé des animaux sauvages durant l’une de tes courses ? 

Je cours généralement sur le bord du fleuve à Verdun. J’ai déjà croisé une couleuvre (j’étais même avec ma fille qui a eu une bonne frayeur!), des pics, hérons, bernaches… et même un vison! 

 

• À quoi ressemble une semaine typique d’entraînement pour toi ?  

Je fais en moyenne 4 sorties de course à pied par semaine, comprenant 1 à 2 sorties intervalles et 1 sortie longue. 

 

• As-tu déjà eu recours ou recours-tu actuellement aux services d’un coach sportif ?  

Oui. L’année dernière j’ai choisi une coach pour préparer mon demi-marathon de septembre. J’avais besoin de confiance suite à mon accouchement. Avoir quelqu’un qui te dit quoi faire c’est très rassurant pour moi. Elle m’a particulièrement aidé les jours précédents la course car j’avais une perte de confiance face à mon objectif. J’avais même envisagé ne pas prendre le départ. Elle a su trouver les mots qui m’ont permis de prendre le départ. Même si je n’ai pas atteint mon objectif, je n’ai absolument pas regretté d’avoir essayé. J’aurais regretté au contraire d’avoir abandonné. 

Je vais également prendre un coach pour préparer mon premier marathon cette année. Je change de coach pour apprendre du savoir-faire de chacun, puisque faire un programme est une affaire à la fois technique mais aussi tout un art.  

 

• Fais-tu partie d’un club de course ?  

Oui! J’ai commencé dans ce club de course à Verdun comme participante. Quand je suis tombée enceinte en 2018, j’avais besoin d’un défi qui ne serait plus lié à la performance. Une des coach (mon mentor, Annie), m’a suggéré de faire ma formation comme instructeur de groupe. Je suis donc aujourd’hui coach d’un des groupes pour mon plus grand plaisir. Cette partie partage/enseignement/encadrement est maintenant essentielle à ma pratique de la course à pied. 

 

• À quoi ressemble ta diète, comporte-t-elle des particularités ?  

Je n’ai pas vraiment de particularités dans mon régime alimentaire. J’essaie de manger aussi sainement que possible avec mon emploi du temps chargé. J’essaie donc d’éviter les repas tout prêts et de cuisiner autant que possible. J’aimerais avoir de plus en plus de repas végétariens mais c’est encore tout un défi pour moi. 

 

• Où trouves-tu la motivation de t’entraîner ? Quels en sont les bienfaits dans ta vie ?  

La course à pied m’apporte un tel bien-être psychologique que je n’ai pas besoin que quelqu’un me pousse pour sortir courir. La discipline d’un programme d’entraînement avec un objectif bien défini m’aident néanmoins à rester motivée à faire des sorties par intervalles qui me paraissent difficiles ou une sortie longue qui me sort de ma zone de confort. 

 

• As-tu un mantra que tu te répètes à la course pour augmenter ta motivation ?  

Je n’ai pas de mantra au quotidien. Mon mentor Annie m’a néanmoins donné un mantra que j’utilise sur une course officielle (ex 5k) : 1er km CONCENTRATION – 2eme km PATIENCE  3e km TRAVAIL – 4e km VOLONTÉ  5e km ACHARNEMENT 

 

• Pratiques-tu la visualisation positive ou d’autres activités de renforcement mental ?  

Je pratique la méditation pour diminuer mon niveau de stress et apprendre à être dans le moment présent. C’est très utile aussi dans ma pratique sportive. Avec la préparation du marathon cette année, je compte approfondir cette pratique. 

 

• Décris-nous ta routine de préparation la veille d’une course et avant ton départ.  

La veille je prépare ma tenue, mes ravitaillements si besoin. En général je fais une sortie courte et très lente. J’essaie enfin de me détendre avec du yoga et de la méditation. Le matin, c’est toujours le même déjeuner avec un gruau et une banane. Passage une dizaine de fois aux toilettes! J’exagère à peine! J’essaie d’être sur le lieu de la course au minimum 30 minutes avant le départ (ce qui en fait revient toujours à une heure d’avance vu mon niveau d’anxiété!). 

 

• Comment gères-tu la déception lorsque tu n’atteins pas tes objectifs ?  

Pour le moment il n’y a qu’une seule fois où je n’ai pas atteint mon objectif. Je suis prudente et mes objectifs sont en général conservateurs. Je les surpasse et j’en suis surprise. 

En septembre dernier je n’ai pas atteint mon objectif. Cela a bien été car je savais que je n’aurais pas pu faire plus que ce soit au niveau de l’entraînement ou de la course en elle-même. J’apprends à avoir plus de compassion envers moi-même. En tant que coureuse amateur, il n’y a pas vraiment d’impact sur ma vie de ne pas parvenir à ce que j’avais moi-même fixé. Mais c’est plus facile à dire qu’à faire! 

 

• Comment maintiens-tu un équilibre entre la course, le travail, la famille et la vie sociale ?  

Équilibre! Ce mot est tatoué dans mon dos, parce que c’est si difficile à atteindre! J’ai la chance de travailler non loin du parc du Mont-Royal, ce qui me permet de courir sur l’heure du dîner. J’ai un mari conciliant qui connait mon besoin vital de courir. En fait c’est même lui qui va m’inviter à sortir si je suis trop tannante (pour ne pas dire autre chose)! Enfin j’essaie d’inclure les enfants. Particulièrement le petit dernier qui adore être en poussette quand je cours! 

 

 

• As-tu déjà souffert de blessures de course ? Comment les gères-tu lorsqu’elles se présentent et comment les évites-tu ?  

 J’ai déjà souffert d’une fracture de stress au 2e métatarse pied gauche. Ça a été une épreuve de devoir arrêter la course à pied pendant 8 semaines. Mais j’ai tiré la leçon de cette blessure. J’ai été consulté Marie-France Huot, physiothérapeute, spécialisée dans la course à pied. Elle m’a aidé à améliorer ma technique de course, afin de prévenir ce type de blessure. Il y a encore beaucoup à faire mais je fais régulièrement des éducatifs, du renforcement musculaire et de l’auto-entretien avec étirements, yoga et massage au rouleau. 

 

• Que serait-on surpris d’apprendre sur toi ? 

Je suis aussi vétérinaire 😉 J’aurais pu choisir de soigner les chats et les chiens (vaches, cochons, chevaux…) mais j’ai choisi la recherche. Je travaille aujourd’hui avec les souris!