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Élite

Coureur en sentiers

Sommelier, entrepreneur, passionné de course à pied, ma vie s'équilibre autour de ces 3 activités. J'adore passer des moments en nature, dans des lieux privilégiés. Cela nous rappelle que l'on n’est que peu de choses face aux éléments. Chaque course, chaque entraînement est propice à rencontrer des personnes inspirantes qui sauront modeler nos vies. Mais pour moi le plus important est de prendre soin de soi de trouver cet équilibre précaire entre la performance et la santé, le travail et la passion.

Entrevue

Quelle est ta profession ?

Serveur, sommelier et entrepreneur.

 

Quel est ton émission/série/film préféré ?

La Casa de Papel

 

As-tu un livre préféré de course?

Le livre de la Clinique du coureur bien sûr, et aussi How bad do you want it ?

 

Quels sont, selon toi, les défis à venir pour le milieu de la course?

Principalement de faire du sport un vecteur de bonne santé et de bonnes habitudes de vie, sans tomber dans l’excès. Et je suis clairement un mauvais exemple, car deux ans après avoir débuté la course je faisais des semaines de plus de 200km.  Je pense qu’il y a beaucoup d’éducation à faire, beaucoup de personnes s’entrainent sans comprendre ce qu’elles font. Avoir des compétences en entrainement, nutrition, hydratation, gestion des blessures, préparation mental… sont très utiles dans la vie de tous les jours   

 

EXPÉRIENCES DE COURSE

Raconte-nous ta course préférée à vie.

Cela serait comme choisir entre un de mes deux enfants (que je n’ai pas). Chaque course est tellement différente. Ton premier 100 miles est incroyable, car tu ne penses pas être capable de réaliser une telle folie. Parfois la performance et l’ambiance sont exceptionnelles. D’autre fois tu cours et tu t’amuses avec la même personne pendant 30h, et c’est tout aussi fou.

  

Raconte-nous ta course la plus difficile à vie.

Clairement la diagonale des fous. Déjà sur le papier cela te calme… 166km avec 10 000m D+. Mais quand tu arrives sur place et que tu vois la technicité, tu comprends pourquoi la moitié des participants (choisi par l’organisation) ne finisse pas. Moi j’ai eu la bonne idée de me lancer dans les 100 miles avec cette course. Je ne pense pas avoir été dans une très grande journée et ça ne me ressemble pas. Dès le départ, je me fais piétiner le tendon d’Achille, premier ravito je constate que mes sensations sont très mauvaises. La nuit passe, je me sens beaucoup mieux, j’entame une remonté de fou pendant la journée. Les paysages merveilleux défilent et les sensations sont au top. Mais j’en fait trop, sous la pression du classement, je pousse beaucoup trop dans la monté et la descente du Maido. Je ne prends pas assez le temps de me ravitailler et repousse le changement de chaussure. Je sais que la fin se fera au mental est je suis prêt. Mais mon manque d’expérience me rattrape. Mes pieds sont dans un état lamentable (une chance que je ne les ai pas vu, et que les physio mon aider sinon c’était abandon direct). Je peux plus me nourrir, ni boire mais il reste 50 km. Clairement les 50 km les plus dur ma vie, chaque pose de pied était douloureuse, je luttais contre le sommeil, ma vision était limitée, j’était en hypoglycémie, je pensais avoir chaud mais j’avais froid… ça a été les 8 heures les plus longues de ma vie, mais elles m’ont beaucoup appris.   Bref très dur et très lent comme fin de course mais une place honorable et une grande satisfaction d’être finisher d’une des courses les plus durs au monde. 

 

As-tu déjà croisé des animaux sauvages durant l’une de tes courses ?

Oh oui pas mal l’arche de Noé au complet, ourse, biche, orignaux, sanglier, renard, lynx, chamois … mais les plus dangereux restes les chiens deux morsures à mon actif

 

As-tu déjà eu recours ou recours-tu actuellement aux services d’un coach sportif ?

Richard Chouinard m’encadre depuis mes débuts, maintenant je suis bien rodé je fais mes programmes, nous en parlons ensemble et nous les améliorons

 

Fais-tu partie d’un club de course ?

CCPUL Club de Course de L’université Laval

 

À quoi ressemble ta diète, comporte-t-elle des particularités ?

J’y fait de plus en plus attention, mais plus pour ma santé générale, et car je suis amoureux de bonne cuisine. Je fais presque tout moi-même pour éviter les conservateurs, colorant, agent de texture, sel, et calories cachées. Les mois d’été je profite de mon jardin et n’achète pas de légumes. Je pense que la nutrition est le premier facteur pour rester en santé alors je mange de tout et j’adapte ma nutrition aux saisons

 

PSYCHOLOGIE DU SPORT

Où trouves-tu la motivation de t’entraîner ? Quels en sont les bienfaits dans ta vie ?

Dans le défi, la réalisation de moi-même, la performance, les moments uniques que me font vivre la course. Je suis de meilleure humeur, moins stressé, moins hyperactif, plus patient (enfin je suis extrêmement impatient à la base mais ça aide)

 

As-tu un mantra que tu te répètes à la course pour augmenter ta motivation ?

Sky is not the limit, your mind is

 

Pratiques-tu la visualisation positive ou d’autres activités de renforcement mental ?

Oui beaucoup, je visualise énormément, j’imagine et passes-en revu mes stratégies très souvent à l’entrainement. Mes visualisations sont toujours positives, je ne visualise jamais ce qui pourrait arrivée de pire. Ce qui peux arriver de pire pour moi est de ne pas finir la course et je suis prêt à l’accepter sur blessures. Sinon c’est une question d’allure, si je ne suis pas dans le coup je regarde le paysage et je m’amuse.  

 

Décris-nous ta routine de préparation la veille d’une course et avant ton départ.

Ça dépend de la distance, de l’heure du départ, trail vs route, 5km vs 165 km. Dans tous les cas je ne me prends pas la tête, et je me relax un maximum. Je sais que ce qui m’attends va être d’une extrême intensité, alors je profite de chose simple.

 

Comment gères-tu la déception lorsque tu n’atteins pas tes objectifs ?

C’est très rare car Je me fixe toujours beaucoup d’objectifs et sur plusieurs niveaux. Exemple pour le marathon de Boston

Profiter de mon séjour, avoir du plaisir pendant la course, ne pas me blesser faire mieux que 2h35, casser le 2h30, finir dans le top 30, finir 1er Québécois et top3 Canada.

En dernier recours une grosse fête de l’alcool des amis ça fait la job aussi…      

 

Comment maintiens-tu un équilibre entre la course, le travail, la famille et la vie sociale ?

Quel équilibre !!!  Ces 4 dernières années ont été à sens unique course et travail. That it!!! Mais oui sur le long terme c’est compliqué et je suis entrain remettre les pendules à l’heure. Sans famille c’est quand même plus simple

 

As-tu déjà été ou es-tu inspiré par d’autres athlètes ?

Oui bien sûr je m’inspire énormément des personnes qui réussissent autour de moi. J’analyse beaucoup le comment ils réussissent et j’essaye de l’appliqué à ma situation. Pour avoir pas mal jaser avec Florent Bouguin c’est un bel exemple dans le sport et surtout en dehors.

 

BLESSURES

As-tu déjà souffert de blessures de course ?

Je n’aime pas le mot blessures, pour moi c’est que tu as été trop loin et que tu as endommagé ton corps. Cependant quand tu cours des 230 km par semaine, de manière compétitive difficile de s’en sortir indemne. J’ai déjà eu des bobos, mais qui ne m’ont jamais empêché de courir. Tendinopathie de l’insertion, problème au Psoas, sans doute quelques débuts de fracture de stress.

 

Bien des coureurs modifient leur entraînement en fonction des recherches. La popularité du jeûne

Intermittent chez les athlètes en est un récent exemple. Quel est l’impact des nouvelles connaissances sur ton entraînement ? Es-tu du type à « tester » des méthodes plus expérimentales ou à tenir un programme régulier depuis des années ? Donne-nous des exemples !

Je suis très pragmatique j’y vais avec un raisonnement couts, bénéfices, risques, opportunités.

Essayer du jus de betterave avant un entrainement pour l’intégrer pour un objectif et pas un gros risque pour un bénéfice sur le papier quand même bon.

Par contre mettre en place un régime cétogène sur plusieurs mois sans garanti avec des risques de carences c’est autre chose…  

 

Que serait-on surpris d’apprendre sur toi ?

Je suis passé très proche de la mort quand j’étais petit dû à un virus, mais depuis je suis jamais malade.