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Doudja Mekamcha

Doudja Mekamcha

Coureuse en sentier

Je suis une maman monoparentale de trois beaux enfants, enseignante dévouée et coureuse passionnée. Je suis aussi une triathlète et je coache une clinique de course 101 à la Maison de la course. Transmettre ma passion pour la course à pied est un beau cadeau de la vie. Le sport a toujours fait partie de ma vie. Depuis toute petite, j’ai toujours eu ce besoin de bouger et surtout de courir! Mais pour une fille qui avait une telle bougeotte en elle et ayant grandi dans un milieu d’interdit dans plusieurs sports pour les filles, je me sentais emprisonnée ! Par chance la vie a fait en sorte que j’émigre au Québec avec ma petite famille. J’ai découvert un nouveau monde dans lequel je pouvais réaliser ce rêve d’être Libre!

Entrevue

Quelle est ta profession?

Je suis enseignante au primaire.

As-tu un livre préféré de course?

Oui. Mais pas juste un. J’aime bien le magazine Kmag Né pour courir par Christopher McDougall et Territoires inconnus par Patrice Godin.

Étais-tu un jeune sportif ou de type sédentaire?

J’ai toujours fait du sport. En ce qui concerne la course, je pense que j’ai couru avant de marcher. J’ai pratiqué plusieurs sports différents jusqu’à ce qu’ils ne me soit plus permis. Ayant grandi en Algérie, le sport était limité pour les filles et rendue jeune demoiselle, on se devait de rester chez nous.   

Quels sont, selon toi, les défis à venir pour le milieu de la course?

Un des plus grands défis pour moi est environnemental, pensez aux gobelets utilisés dans les différents événements et tous les déchets des différents gels et produits utilisés par les coureurs qui se retrouvent dans les rues. Les courses en trail sont de plus en plus rigoureuses sur ce point. Vue la croissance des événements de course, le choix des dates va devenir un véritable casse-tête pour les organisateurs. 

Raconte-nous ta course préférée à vie.

Mon plus bel événement est le 24 h Tremblant. Je m’explique :

Pour moi, participer aux différents événements de course est comme une grande fête dans laquelle je récolte les fruits de mes différents entraînements comme le fermier qui récolte sa semence. C’est un moment de célébration. Participer au 24 h est comme un bon souper de Noël, on se retrouve en famille et on partage un bon repas dans le plaisir et la joie. Le fait de donner mon maximum me fait un bien immense face aux souffrances des familles et des enfants malades. Chaque année, je me donne un objectif de distance et je fais de mon mieux pour l’atteindre. Je n’ai pas de mots pour vous décrire les sentiments qui m’habitent à la fin de ce 24 h Tremblant. La gratitude m’envahit et la fierté de l’accomplissement est incroyable ! Pousser son corps durant 24 heures dans un froid intense, mais une ambiance inégalable ! Une ambiance de fraternité, d’entraide, de partage et de joie. Car, malgré la concurrence, malgré le fait de vouloir faire le plus de boucles possible, nous sommes tous présents pour les enfants malades. 

Raconte ta course la plus difficile à vie.

Ma course la plus difficile était mon premier marathon en 2015. Je travaillais fort sur moi pour guérir de ma dépression. Suite aux différents événements que j’ai dû subir, j’ai sombré dans la dépression et ce marathon était pour moi un signe du mériter de vivre ou pas. C’était le défi que j’avais préparé sans plan et aide de coach. J’ai lu énormément sur le marathon et je l’ai fait d’une façon archaïque. J’ai réussi au bout de 4h51 minutes à obtenir mon billet pour la vie. Je ne peux vous dire à quel point c’était pénible, physiquement et mentalement. Je suis aujourd’hui très fière de moi.

Décris-nous ton entrainement préféré?

Aller nager au lac, faire de longues sorties en vélo et courir sur route sont des entrainements que j’aime beaucoup, mais rien ne peut égaler une bonne sortie de course au Mont Saint-Hilaire ! C’est une montagne que j’affectionne beaucoup pour la diversité du parcours et pour la belle forêt qu’elle abrite. On peut d’ailleurs y croiser des petits cerfs ainsi qu’une multitude d’oiseaux. Je dois avouer que je suis une grande amoureuse de la nature. 

A quoi ressemble une semaine typique d’entraînement pour toi?

6 jours de course incluant une longue sortie à chaque fin de semaine qui varie entre 20 et 25 km.

3 entrainements de vélo d’une durée qui varie entre une heure et deux heures. 

2 entrainements de natation avec une distance de 1000 m. 

Une journée de repos. 

As-tu déjà eu recours ou recours-tu actuellement aux services d’un coach sportif?

Oui, j’ai un excellent coach, monsieur Olivier Le Méner.

Où trouves-tu la motivation de t’entraîner? Quels sont les bienfaits dans ta vie?

Quelle belle question ! Honnêtement, m’entrainer est un rythme de vie pour moi ! C’est un besoin essentiel pour mon équilibre mental ! Il m’arrive de chercher ma motivation quand il s’agit de la natation car ce n’est pas facile pour moi dû a un historique marquant dans ma vie. Mais, je me pousse toujours pour aller à la piscine et faire ma séance et me sentir bien par la suite. Je dois admettre que de me retrouver dans un endroit fermé ne me réjouit pas. J’aime de loin nager dans la mer ou dans un lac. Je carbure aux défis ! Pour moi, il n’y a pas de petits ni de grands défis ! Tout compte ! Il n’y a pas de petite ni de grande distance ! Il y a l’accomplissement ! La rigueur ! L’objectif à atteindre dans le plus grand bonheur et toujours dans le plaisir ! Le partage avec les autres coureurs me motive ! Ce qui est important pour moi est de toujours montrer le bon exemple à mes enfants en les inspirant, en leur montrant que dans la vie, il faut persévérer et toujours faire de son mieux pour réussir ! Leur montrer qu’il faut croire en nos rêves ! Que dans la vie, on le droit de rêver ! Le sport m’a sorti de la dépression ! Il m’a sauvé la vie ! Je ne peux pas m’imaginer arrêter de m’entraîner ! 

Comment maintiens-tu un équilibre entre la course, le travail, la famille et la vie sociale?

Étant maman monoparentale, l’organisation dans l’horaire n’est plus un choix, mais une obligation. Je fais en sorte de bien utiliser mon temps dans ma journée. Mes repas sont planifiés, j’ai une routine stricte. Tout le monde met la main à la pâte à la maison. Ce qui m’aide le plus, c’est la passion qui m’anime, que ce soit dans mon travail avec mes élèves ou mon rôle de maman ou aussi mes entrainements ! Je suis une bonne vivante et je n’aime pas me compliquer la vie ! J’aime la simplicité et je suis très ouverte avec les autres. Ma famille est importante pour moi, ainsi que mes amis. Je trouve toujours du temps pour eux. 

Que serait-on surpris d’apprendre sur toi?

Je rêve de participer à l’UTMB, j’adore découvrir de nouveaux sommets et pourtant, j’ai le vertige quand je suis en hauteur. Drôle n’est-ce pas !