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Cédric Tremblay-Fournier

Cédric Tremblay-Fournier

Coureur en sentier

Je mange de la course à pied, que ce soit un 60m sur la piste ou un 100 miles en trail, je suis partant. J'enseigne l'éducation physique au secondaire et j'entraîne des coureurs de 6 à 60 ans de différents calibres pour le sprint, les ultra-trails et la course sur route.

Entrevue

Quelle est ta profession

Enseignant en éducation physique

As-tu un livre préféré de course?

Run or Die (Killian Jornet).

Étais-tu un jeune sportif ou de type plutôt sédentaire?

Je n’ai jamais manqué un midi de sport pendant mon parcours au secondaire, et ce, au point de ne pas manger et je me suis très souvent déplacé à la course pour aller à l’école, aux pratiques de karaté et même pour aller jouer au soccer. Par contre, quand la lumière tombait, le Playstation et l’ordinateur s’allumait et il se fermait souvent TRÈS tard.

Quels sont, selon toi, les défis à venir pour le milieu de la course

Permettre aux élites de gagner leur vie sans que les coûts des événements deviennent astronomiques pour les récréatifs. 

Raconte-nous ta course préférée à vie.

Le 38 km du XC de la Vallée, chacune des éditions à laquelle j’ai participé, à l’exception de la première où j’ai eu toute une leçon de vie/survie en trail. Les fins de courses que j’ai descendues en kamikaze pour rattraper Benoit Beaupré et celle où je me sauvais de Rahan (Yanick Normandeau) sur le dernier km après l’avoir rattrapé dans une autre descente à essayer de survivre entre les crampes sont à tout jamais gravées dans ma mémoire. Sûrement que les gars vont s’en rappeler eux aussi, car c’était un peu ridicule.

Raconte-nous ta course la plus difficile à vie. 

Première tentative sur le XC de la Vallée. Je suis arrivé avec un plan de course pour tester mes besoins alimentaires et je suis reparti cassé en mille.

Décris-nous ton entraînement préféré

Faire un tour sur Kinsman et/ou Lafayette dans les Whites. Cet endroit me permet de tout oublier les tracas et j’adore l’aspect ridiculement technique des descentes.

À quoi ressemble une semaine typique d’entraînement pour toi?

En saison d’épreuves combinées/athlétisme, je fais de 2 à trois séances de musculation, 2 séances de sprint et drills de saut et j’essaye de travailler mes lancers une à deux fois semaine. Quand tout cela est fini, c’est plus ou moins course à pied 2 jours sur 3 avec un progressif, une séance de VAM ou Vam d’ascension et une longue run. Tout ce qui n’est pas en mode vitesse est en trail si c’est accessible.

Fais-tu partie d’un club de course?

Club de trail 3 R. Je suis encore un des coachs même si je suis beaucoup moins présent par manque de temps.

As-tu un mantra que tu te répètes à la course pour augmenter ta motivation

Pendant les ultras, je me répète souvent que j’ai juste à mettre un pied devant l’autre pour continuer d’avancer.

Comment gères-tu la déception lorsque tu n’atteins pas tes objectifs

J’ai eu deux mois de grosse déprime quand j’ai échoué ma première tentative de 100 miles et avoir fait 100 km. Depuis, j’ai compris que peu importe ce qui se passe, je dois me concentrer sur ce que je dois améliorer et me concentrer sur les prochaines courses et compétitions

As-tu déjà été ou e-tu inspiré par d’autres athlètes

Marc-André Belliveau, qui a eu la même fracture du dos que moi quelques semaines avant mon accident à recommencer à faire du sit ski et est très performant. Comme je n’ai pas de séquelles de mon accident (ou presque) je me suis dit que je devais en profiter. Sinon, je suis toujours inspiré par Préfontaine qui s’est battu pour que les athlètes soient au centre de leurs sports au lieu d’être des figurants.

Comment les gères-tu lorsqu’elles se présentent et comment les évites-tu

Quand c’est traumatique, c’est le Peace & Love (avant c’était RICE) et j’ai la chance d’avoir plusieurs excellents thérapeutes dans mon cercle d’amis. 

T’intéresses-tu à la science en course à pied

Oui, autant au niveau des besoins énergétiques du sprinteur à l’ultra-marathonien qu’aux principes d’entraînements pour ces derniers. J’essaye de me tenir à jour sur les meilleures méthodes pour me garder loin des blessures et avoir un niveau de santé/forme optimal. 

Quel est l’impact des nouvelles connaissances sur ton entraînement?

Dans le cas des athlètes que j’entraîne, j’utilise la plupart du temps les bonnes vieilles bases de la planification et de l’alimentation. Étrangement, tout ce que j’ai vu qui donnait des résultats impressionnants à court terme avait des effets négatifs à long terme. J’ai effectué plusieurs tests dans le passé sur moi-même, mais comme je ne gagne pas ma vie avec ça et que mes athlètes non plus, je préfère ne pas prendre de chances, car nos ressources en cas de pépins sont quand même limitées.